Soutenez-nous!

Newsletter Subscription

L'ouverture sur le Cameroun::Région de l’Est:L’ex grand bassin de production de café rend le pouvoir nostalgique | Economie

Espace juridique sur 237online.com

google+1

Convertisseur de dévises

Currency Converter

La Constitution camerounaise

La Constitution de la Republique du Cameroun
Région de l’Est:L’ex grand bassin de production de café rend le pouvoir nostalgique PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Le Messager   
Jeudi, 15 Décembre 2011 00:11

Région de l’Est:L’ex grand bassin de production de café rend le pouvoir nostalgiqueDes membres du gouvernement et les autorités locales ont profité de la cérémonie de lancement de la campagne caféière 2011-2012, le 8 décembre 2011 à Angossas, pour exprimer leurs regrets face à la démotivation des planteurs de la région du soleil levant, et partant, de tout le pays.

1- Prix aux producteurs plus que rémunérateurs...
C'est dans la région de l'Est que l'arabica, variété de café la plus prisée dans les marchés de niche (plus rémunérateurs) a connu ses lettres de noblesse. Aujourd'hui, la région peine à se démarquer. En cause, le mauvais entretien du verger, le vieillissement des planteurs, l'absence des subventions de l'Etat, la cherté des intrants agricoles, les semences à faible rendement, l'enclavement...Les producteurs crient à l'abandon. Jeudi dernier, Christophe Mien Zok, le maire de la commune d'Angossas, petite bourgade du département du Haut Nyong dans la région de l'Est a indiqué à la forte assistance constituée de tout le gratin politico administratif de la

région, mais aussi d'une forte délégation venue de Yaoundé et même de l'étranger, que le 8 décembre 2011 fera date dans les annales de cet arrondissement. La raison : c'est la toute première fois que cette commune regroupant 30 villages, jadis classés au sommet des grands producteurs de café au Cameroun, reçoit la visite de deux membres du gouvernement au même moment. Pourtant l'euphorie liée à la présence du ministre du Commerce Luc Magloire Mbarga Atangana et celui de l'Agriculture et du Développement rural d'alors, Jean Nkuété, ne tardera pas à céder la place aux remords. « Angossas est un don du café et accessoirement du cacao, jusqu'aux années 80 où tout s'est effondré », a déploré le journaliste Christophe Mien Zok, par ailleurs membre titulaire du comité central du Rdpc, parti au pouvoir. Le ministre du commerce pour sa part a présenté le bassin caféicole d'Angossas et la région de l'Est en général comme le porte-étendard du renouveau de la filière café au Cameroun. Mais pour le directeur général de l'Office national du cacao et du café, Michael Ndopping, il ne s'agit ni plus ni moins que des « pionniers du passé ». Et lui de les inviter « vieux et jeunes, et partant, toutes les forces vives de la région de l'Est, à s'intéresser de nouveau à la culture du café ». Il ajoute que les terres existent, le climat s'y prête, le désenclavement est en voie d'achèvement et le contexte mondial est favorable. Chiffre à l'appui, celui-ci souligne la bonne tenue du café sur le marché international, avec une tendance haussière des prix qui l'amène à conclure que l'avenir de l'économie caféière mondiale est prometteur. Il révèle que pour la campagne 2010-2011 bouclée depuis le mois de septembre dernier, les prix ont oscillé entre 1858 Fcfa et 2748 Fcfa avec une moyenne générale de 2487 Fcfa le kilogramme pour l'arabica. Les prix de café robusta connaissent aussi une amélioration, variant entre 836 Fcfa et 1134 Fcfa le kilogramme, soit une moyenne générale de 1021 Fcfa. Pour Michael Ndopping, « il s'agit là des niveaux de prix incomparables depuis une bonne dizaine d'année ». L'an dernier en effet, les prix du robusta étaient de 714 Fcfa le Kg, contre 741 Fcfa un an plus tôt.

2- Mais une forte baisse de la production...

Si le 17 février 2011, à l'occasion du lancement officiel de la campagne 2010-2011 à Fundong dans la région du Nord-Ouest, Luc Magloire Mbarga Atangana s'était réjoui du « raffermissement des bases d'une véritable reprise tant au plan de la production que celui de la commercialisation et des exportations », au moment de clôturer cette campagne, le bilan fait plutôt « ressortir un fléchissement quantitatif des exportations », a-t-il relevé jeudi dernier à Angossas. En clair, la production nationale commercialisée a baissé. Elle est de 26 322 tonnes contre 42 004 tonnes lors de la campagne précédente. Soit une baisse de 15 681 tonnes. Ce qui fait dire à Michael Ndopping que « beaucoup reste encore à faire au niveau de la production, de la recherche de la qualité et de l'assainissement de la commercialisation ». Le représentant des producteurs de l'Est a saisi cette tribune pour parler de leurs difficultés au rang desquelles la faible productivité des exploitations existantes, le désintérêt des jeunes qui manifestent un faible engouement à la création de nouvelles plantations, les facteurs climatiques défavorables pour le séchage, l'insuffisance des structures de séchage, de conditionnement et de stockage; la présence des non professionnels ( encore appelés spéculateurs ou coxeurs) dans les circuits de commercialisation, ce qui provoque la volatilité des cours etc.
C'est depuis le désengagement de l'Etat et le transfert d'une partie de ses missions traditionnelles aux producteurs dans les années 80 que les malheurs des planteurs ont commencé dans ce secteur où les subventions de l'Etat ont disparu. Du coup, le café qui constituait avec le cacao les principaux produits agricoles d'exportation du pays a perdu sa place de choix dans la balance commerciale nationale (25 à 30% des exportations non pétrolières, avec un impact économique et social d'environ 110 milliards de Fcfa par an, distribués à près de 600 000 producteurs). A titre d'illustration, la production nationale de café robusta estimée à 95 000 tonnes par an dans les années 80, a progressivement décliné pour atteindre 50 000 tonnes en 2005, puis environ 26 000 tonnes en 2011. De quoi donner les sueurs froides au gouvernement dont le programme de relance des productions cacaoyères et caféières, en vue d'une part de reconquérir sa place sur le marché mondial, et d'autre part d'améliorer le revenu des producteurs par une augmentation significative des productions ainsi qu'une amélioration de la qualité marchande des produits ne donne pas encore les résultats escomptés. Gardant tout espoir, Luc Magloire Mbarga Atangana a placé la campagne 2011-2012 « sous le signe non seulement d'une qualité chaque jour améliorée, mais également d'une relance de la production qui doit atteindre un niveau de compatibilité avec nos objectifs d'amélioration des revenus des producteurs, de réduction de la pauvreté et d'accélération de la croissance. »

 

Ajouter un Commentaire