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| Laurent Gbagbo devant la CPI: «J’ai été arrêté le 11 avril sous les bombes françaises» |
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| Écrit par RFI |
| Lundi, 05 Décembre 2011 23:30 |
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Laurent Gbagbo a comparu ce lundi 5 décembre pour la première fois devant ses juges à la Cour pénale internationale. Premier face-à-face depuis que l’ancien président ivoirien a été transféré à La Haye il y a moins d’une semaine. Il est soupçonné de crimes contre l’humanité, meurtres, viols, persécutions et autres actes inhumains, en tant que co-auteur indirect, au cours de la récente crise postélectorale. Laurent Gbagbo lui a profité de cette audience dite « de comparution initiale » pour dénoncer les conditions de son arrestation et de son transfert à La Haye.
C’est un Laurent Gbagbo calme, posé, qui a comparu ce lundi devant les juges de la CPI. Visiblement satisfait de pouvoir à nouveau exercer ses talents d’orateur, après huit mois de détention à Korhogo. Debout, il prend la parole en se tournant à plusieurs reprises vers le public. Un Laurent Gbagbo en simple costume et cravate bleu marine, chemise blanche. Les vêtements que lui ont trouvés ses avocats car il le rappelle, dénonçant les conditions de son transfert à La Haye, « j’ai été pris par surprise » dit il, « je suis venu sans rien, seulement ma chemise et mon pantalon ». « Voulez-vous qu’on vous relise le mandat d’arrêt ? », lui demande la juge présidente. « Je ne pense pas que ce soit nécessaire », répond l’ex-président ivoirien. En revanche, il a beaucoup à dire sur les conditions de son arrestation : « j’ai été arrêté le 11 avril sous les bombes françaises, dit Laurent Gbagbo, c’est l’armée française qui a fait le travail ». A Korhogo, il dit avoir passé huit mois « sans pouvoir sortir, sans voir le soleil ». Et d’ajouter, « ici heureusement, on m’a fait des radios, on me donne des médicaments, on vit bien »… « Maintenant que je suis là, on va aller jusqu’au bout », dit encore Laurent Gbagbo. « Je vais voir quels sont les éléments de l’accusation, et les confronter à ma vérité ». L’audience de confirmation des charges qui doit déterminer s’il y a matière ou non à organiser un procès est fixée au 18 juin prochain. Les juges se lèvent… et dans la salle où ils sont réunis, les quelques dizaines de partisans de Laurent Gbagbo venus assister à l’audience entonnent l’Abidjanaise, l’hymne national ivoirien.
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