| Blatter : "Le football conserve une image très positive" |
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| Écrit par Frankfurter Allgemeinen Sonntagszeitung |
| Dimanche, 20 Novembre 2011 13:30 |
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Quelle trace souhaitez-vous laisser dans l'histoire de la FIFA ? Je travaille ici depuis février 1975. J'ai commencé comme responsable du développement et cet aspect me tient toujours à cœur aujourd'hui. Mon objectif est de développer la dimension sociale et culturelle du football.
Vous traversez malheureusement une période difficile.
Nous devons rapprocher la FIFA et le football dans l'esprit des gens. Le football conserve une image très positive.
Vous vous présentez aujourd'hui comme un réformateur. Avez-vous été contraint d'effectuer un travail sur vous-même pour vous adapter à ce rôle ?
Non.
En tant que catholique, vous n'êtes pas sans savoir que l'aveu et le repentir précèdent toujours le pardon. Ces notions s'appliquent-elles aussi dans le cadre de vos fonctions à la FIFA ?
L'aveu a tout à fait sa place. En revanche, le repentir ne me concerne pas. Compte tenu de ce qui se passe dans le monde, je reconnais qu'une évolution est nécessaire au sein de la FIFA.
Dans un éditorial paru sur Internet, vous avez écrit : "de terribles erreurs ont été commises". Par vous ?
Quand on travaille beaucoup, il arrive que l'on commette de temps en temps des erreurs. Il y en a une que je ne commettrai plus à l'avenir : attribuer deux Coupes du Monde simultanément. Ce faisant, nous nous exposions à des conflits car chacun pouvait participer au vote, même si son pays était concerné. C'était une erreur.
Une erreur personnelle ?
Oui, aussi.
Compte tenu de vos 36 ans d'ancienneté, vous pouvez être considéré comme l'architecte de l'ensemble du système. À ce titre, la corruption ne peut pas vous laisser indifférent. Comment avez-vous pu accepter de telles dérives ?
Vous semblez impliquer que la chose est de mon ressort. Je vous rappelle que le Comité Exécutif de la FIFA reste l'instance dirigeante. Ses membres sont désignés par les représentants des six confédérations. Je suis donc amené à travailler avec des personnes issues d'autres cultures, d'autres milieux sociaux. D'un individu à l'autre, les valeurs éthiques ou morales ne sont pas les mêmes. Je ne choisis pas mes collaborateurs. Je ne peux donc pas m'engager en leur nom. Je suis effectivement l'un des principaux acteurs du système mais je ne suis pas un monarque absolu. Toutefois, j'ai effectivement conduit le Comité Exécutif où je voulais l'amener. Lors de la réunion du 21 octobre, tous les membres, à l'exception des quatre absents, ont approuvé la nouvelle structure. Désormais, je dispose du soutien nécessaire pour entamer les réformes.
Quatre nouveaux groupes de travail sont chargés d'élaborer des propositions pour le compte d'une Commission de Bonne Gouvernance. Le Comité Exécutif va-t-il suivre votre plan de réforme, alors que lui-même se trouve directement mis en cause dans les affaires ?
J'ai mis trois propositions au vote à l'issue du dernier Congrès de la FIFA.
De quoi s'agit-il ?
En premier lieu, il a été décidé que ce serait le Congrès de la FIFA, c'est-à-dire les représentants des 208 associations membres, qui attribuerait l'organisation des prochaines Coupes du Monde de la FIFA et non le Comité Exécutif. En outre, la Commission d'Éthique va subir un lifting. Elle disposera à l'avenir de pouvoirs d'investigation et de jugement. De plus, ses membres seront choisis par le Congrès de la FIFA et non plus désignés par le Comité Exécutif. Enfin, nous avons décidé de la création de la Commission de Bonne Gouvernance. Tout a été approuvé à 99 % des voix. On a récemment demandé si j'avais le pouvoir de mettre ces questions au vote. J'ai répondu : désolé, le Congrès est souverain.
Les 24 membres du Comité Exécutif se trouvent engagés dans un processus de rénovation à long terme. Plusieurs membres sont concernés par des affaires de corruption. D'autres sont impliqués dans des procès dans leur pays d'origine. En outre, vous souhaitez rouvrir le dossier de la faillite d'ISL/ISMM, qui implique d'autres personnes potentiellement corrompues. Reconnaîtrons-nous encore le Comité Exécutif dans quelques mois ?
Certains ne sont déjà plus là. Mais il est vrai qu'un certain nombre d'individus n'appartiendront sans doute plus au Comité Exécutif à l'avenir. Toutefois, je ne veux pas parler de l'affaire ISL pour le moment. Nous allons nous pencher sur ce dossier et nous rendrons les documents publics, puis nous demanderons à une institution indépendante de juger. En revanche, je peux vous affirmer qu'aucun Suisse ne figure sur la liste des personnes qui ont reçu de l'argent. Ceux qui prétendent que le nom de Sepp Blatter y figure se trompent complètement.
Les noms de plusieurs membres du Comité Exécutif ont été cités dans des affaires de corruption : Makudi (Thaïlande), Hayatou (Cameroun), Leoz (Paraguay), Grondona (Argentine) ou encore Teixeira (Brésil).
Si vous pensez aux documents en rapport avec l'affaire ISL, je peux vous dire que vous faites fausse route. Nous avons demandé des renseignements à M. Makudi au sujet d'un projet caritatif lancé par notre association. Il s'agit là de notre argent. Des informations en provenance de Thaïlande laissent à penser que nous avons développé un projet sur un terrain qui lui appartenait déjà et que nous avions pourtant payé. L'affaire est aujourd'hui entre les mains de la justice thaïlandaise. Si les accusations sont fondées, le dossier sera transmis à la Commission d'Éthique.
Issa Hayatou, président de la Confédération africaine de football et récemment nommé à la tête du programme de développement Goal, fait l'objet de sérieuses accusations de la part du Comité International Olympique. Dans son cas, les fameux paiements d'ISL sont souvent mentionnés. Que peut-il craindre, exactement ?
Dans cette affaire, c'est le CIO qui mène l'enquête. Il s'agirait d'un montant inférieur à 25 000 francs suisses. Ces chiffres sont correctement enregistrés dans les comptes de la CAF, que nous avons contrôlés.
Si un membre du Comité Exécutif devait être condamné pour un délit, que se passerait-il ?
Cette personne devrait démissionner ou attendre les conclusions d'une commission d'enquête indépendante. Je dois également préciser que les paiements d'ISL ne constituaient pas un délit, à l'époque où ils sont intervenus.
Certes, mais tout cela n'est pas très régulier.
Vous avez raison.
Si le Comité Exécutif perd un membre, celui-ci doit être remplacé. N'est-ce pas reculer pour mieux sauter ?
Non. Plus maintenant.
Comment cela ?
Les choses ont changé. L'une des quatre Task Forces que nous avons chargé de travailler sur la transparence et la conformité entrera alors en jeu. Elle est composée de six délégués du Congrès choisis par moi et non de membres du Comité Exécutif. La présidence a été confiée à Juan Ángel Napout, président de la Fédération paraguayenne de football, et Frank van Hattum, président de la Fédération néo-zélandaise de football. Le président de la Fédération danoise de football Allan Hansen, qui a réclamé plus de transparence lors du dernier Congrès au nom des pays nordiques, fait également partie de ce groupe. Ces personnes seront chargées de dresser le portait du nouveau membre du Comité Exécutif sur le plan éthique et moral. En clair, la FIFA exigera un certificat de moralité.
Qu'en est-il des anciens membres ?
C'est une question juridique mais je suis certain que tous les membres se soumettront volontiers à cette procédure.
Vous aussi ?
Bien entendu.
Quand ?
Au cours du premier trimestre de l'année à venir.
Puisque nous évoquons le sujet, avez-vous envisagé de changer complètement le mode de scrutin pour l'élection du Comité Exécutif ?
C'est une possibilité. La décision revient au Congrès
Cela vous semble-t-il réaliste ?
Si la décision m'appartenait, je placerais tous les organes structurels sous l'autorité du Congrès. La réflexion sur les statuts a été confiée au groupe de travail présidé par Theo Zwanziger. Actuellement, les membres du Comité Exécutif sont désignés par les confédérations. On pourrait imaginer que leurs candidatures soient proposées par les confédérations mais que leur élection passe par le Congrès.
Le Comité Exécutif n'est donc pas formé par cooptation.
Absolument pas, mais tout changement doit être acté par le Congrès.
La question de l'attribution des Coupes du Monde de la FIFA 2018 et 2022 à la Russie et au Qatar sera-t-elle réexaminée ?
Nous travaillons actuellement avec des experts renommés comme Sylvia Schenk de Transparency International ou Marc Pieth, spécialiste de la lutte contre la corruption. Ils soumettront leurs idées à la Commission de Bonne Gouvernance, elle-même chargée de faire des propositions au Comité Exécutif et au Congrès. Je pense que ces questions seront traitées dans ce cadre.
Theo Zwanziger, le président de la Fédération allemande de football, estime que les voix accordées au Qatar pourraient être le résultat de pressions politiques. Ainsi, les formes basiques de corruption n'auraient pas été nécessaires. Pourrait-il avoir raison ?
Je ne peux pas me prononcer sur cette question. Je laisse le soin à la Commission de Bonne Gouvernance de traiter ce sujet.
Quelles personnalités composeront cette commission ? Pour l'instant, on sait que la moitié des membres viendront de la FIFA et que l'autre moitié sera composée d'indépendants.
L'annonce sera faite à l'issue de la réunion du Comité Exécutif programmée le 17 décembre.
La commission de transparence ou la Commission de Bonne Gouvernance pourront-elles s'emparer de dossiers placés sous l'autorité de la Commission d'Éthique ? On pense notamment aux procédures lancées contre votre concurrent Mohamed Bin Hammam ou vous-même, peu avant votre réélection en juin.
Les commissions travaillent de concert. On pourrait rendre public mon dossier devant la Commission d'Éthique. Je ne demande aucun traitement de faveur. Dans ce dossier, je n'ai besoin ni d'aveu, ni de repentir, ni de pardon.
Theo Zwanziger a été placé à la tête de la commission chargée de la révision des statuts. Ne devrait-il pas plutôt se consacrer aux affaires de sa propre fédération ? Avec les récentes révélations sur l'arbitrage, il a déjà beaucoup à faire.
Le football allemand occupe une place prépondérante dans le monde du football. Theo Zwanziger a le mérite de diriger l'une des fédérations les plus importantes de la planète. Chacune de ses décisions est étudiée au microscope. Il communique beaucoup et certains lui en font le reproche. C'est quelque chose que les personnes habituées à communiquer fréquemment, comme moi, connaissent bien. Il reste cependant l'un des membres les plus précieux du Comité Exécutif. Il connaît le fonctionnement des institutions et la jurisprudence. Nous travaillons bien ensemble et il a déjà accompli de nombreuses missions avec succès.
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| Mise à jour le Dimanche, 20 Novembre 2011 14:26 |






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