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L'ouverture sur le Cameroun::Choléra : Des malades abandonnés dans les hôpitaux à Douala | Santé

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Choléra : Des malades abandonnés dans les hôpitaux à Douala PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Mutations   
Vendredi, 28 Octobre 2011 12:08

cholera1Plusieurs gardes-malades ont déserté les unités de prise en charge de peur d'être contaminés.
Il faut prendre beaucoup de précautions pour passer cinq minutes dans l'une des salles d'isolement des malades du choléra à l'hôpital de district de Deïdo à Douala. Et ce, à cause du mauvais état dans lequel se trouvent certains malades. D'un lit à l'autre, les seaux des malades abandonnés débordent de selles. Et les vomissements dispersés au sol empêchent les gardes-malades de rester au chevet de leurs proches. «Je préfère rester dehors, à cause de la saleté qu'il y a dans la chambre. Il est vrai que l'état de ma fille est préoccupante, mais je ne supporte plus de rester à l'intérieur», confie un garde malade à l'hôpital de district de Deïdo. La raison de cette insalubrité dans
laquelle vivent les malades n'est autre que l'absence des gardes-malades. «Nous avons plus de six malades dans notre chambre, mais nous ne sommes que deux gardes-malades à veiller sur eux, car les autres ont jeté l'éponge, de peur d'attraper la maladie», confie un autre.

Pourtant, selon le personnel du Centre de traitement du choléra (Ctc), les risques de contamination à l'hôpital sont moindres. «Pour éviter le choléra, à l'hôpital, les gardes-malades doivent porter des gangs avant tout contact avec un cholérique, et se laver les mains avec de l'eau et du savon ou du chlore, après le contact avec le patient», confie des sources médicales. Mais, les proches des malades ne franchissent même plus le seuil de la chambre, par peur d'être contaminés, prétextent-ils. «Ils arrivent juste le matin pour donner le petit-déjeuner qu'ils passent d'ailleurs soit par moi, soit par l'autre garde-malade», confie l'une des gardes-malades présente dans la salle d'isolement ce jeudi 27 octobre 2011.

Entre temps, des décès continuent à être enregistrés à l'hôpital de Deïdo, tout comme dans les autres centres hospitaliers de la ville de Douala. Dans la nuit de mardi d'ailleurs, c'est une femme qui a rendu l'âme à Deïdo, sans aucun de ses proches à ses côtés. Malgré les campagnes de sensibilisation organisées par le ministère de la Santé publique (Minsanté) sur les règles d'hygiène, les unités de prise en charge (Upec) de la capitale économique restent bondées de malades souffrant de choléra. Mais les populations pensent que ces efforts sont insuffisants «Nous souhaitons vraiment que cette campagne de sensibilisation soit faite dans tous les quartiers, en utilisant les langues vernaculaires. Ma maman a été contaminée parce qu'elle a porté par ignorance un enfant malade», soutient une garde-malade à l'hôpital Laquintinie.

 

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