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L'ouverture sur le Cameroun::Brûlure: 60% des accidents surviennent dans la cuisine (Gérard Beyiha) | Interviews Actu

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Brûlure: 60% des accidents surviennent dans la cuisine (Gérard Beyiha) PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Mutations   
Mercredi, 08 Septembre 2010 12:20

Brûlure: 60% des accidents surviennent dans la cuisine (Gérard Beyiha)Spécialiste de la prise en charge des brûlés, il parle de la brûlure qui est l'une des premières causes de mortalité.
Quels sont les différents cas de brûlure?
Quand il y a une brûlure, on a tendance à la classifier soit selon la profondeur, soit selon la sévérité ou la gravité. Le critère le plus important pour la gravité d'une brûlure, c'est la superficie. Chez l'enfant, on parle de brûlure grave quand la superficie du corps atteinte est supérieure à 9%. Ça veut dire qu'on essaye d'évaluer la surface totale du corps. Chez un adulte, il faut 15%. Mais, nous avons tendance à utiliser un autre critère qui est celui de la profondeur. La profondeur est un élément important. Mais, il n'est pas aussi important que la superficie. 
La profondeur dépend du niveau d'atteinte de la peau. La peau a plusieurs couches. Suivant que c'est la partie supérieure, superficielle qui est atteinte, on parlera de brûlure superficielle. Elle peut être une brûlure de première ou de second degré. Quand la peau est atteinte dans la couche la plus profonde, on parlera de second degré profond ou de troisième degré. Et on peut même aller jusqu'à la carbonisation quand il y a des parties qui sont atteintes. On pense que la gravité première est la profondeur. Non, j'insiste. La gravité première, c'est la superficie.

En quoi consiste la prise en charge?
Dans la brûlure grave, il y a des phénomènes qui vont subvenir. Certains vont atteindre le cœur et tout ce qui comporte le système cardiovasculaire. Dans la brûlure grave, la première chose qui menace le brûlé, c'est la fuite liquidienne. Vous avez les vaisseaux qui sont brûlés. Il y a donc tout le liquide qui est sorti. Mais il peut aussi avoir des tissus brûlés qui peuvent rendre les vaisseaux perméables. Le vaisseau qui ne laissait pas passer l'eau va devenir perméable et tout ce que vous avez dans l'organisme va se retrouver à l'extérieur. La prise en charge primordiale est de remplacer l'eau qu'on perd. 
C'est pour cette raison qu'on parle de remplissage. C'est la première action. Mais elle est pratiquée lorsque la brûlure n'atteint pas les voies respiratoires. Quand elles sont atteintes, c'est la première des urgences. C'est une action immédiate parce que si on ne le fait pas, le malade n'arrive même pas à l'hôpital. On a parlé de la prise en charge de A, B, C. Pour le «A» qui concerne les voies respiratoires, il faut d'abord être sûr que ce malade peut respirer. Le «B», c'est faire respirer le malade. Est-ce-que le malade respire? Le «C», est-ce-que son cœur fonctionne encore bien? Le «D», c'est ici qu'on va faire le pansement. On va voir si le malade peut prendre les médicaments. 

Quelles sont les chances de guérison?
Les chances de guérison dépendent de plusieurs éléments. D'abord, de la superficie. Nous avons fait allusion aux éléments de gravité. Il s'agit de la superficie, la profondeur et l'atteinte de certaines zones. Quand vous avez un brulé à la face, il y a des risques que les voies respiratoires soient brûlées, et voilà un malade qui risque ne pas survivre. Parce que l'organisme ne supporte que trois minutes sans oxygène. Quand les voies respiratoires sont brûlées et qu'on n'assiste pas le malade sur le plan ventilatoire, il est parti. Nous avons les décès de 25% pour ceux qui ont été pris en charge à temps.
L'essentiel de gravité dans la prise en charge, c'est le retard au remplissage. C'est-à-dire que dès qu'un malade a brûlé, si c'est une brûlure sévère ou grave, il faut commencer le remplissage le plus tôt possible. Quand le Samu arrive, l'un de ses premiers gestes, après s'être rassuré que le malade respire bien, c'est de placer les voies veineuses et commencer à le remplir. Nous avons des malades qui ont brûlé à qui on donne 30 litres d'eau pendant la phase de remplissage. C'est pour cette raison que certains ont des eudèmes. Ils ont gonflé. C'est parce qu'on leur a apporté l'eau. C'est la prise en charge précoce. Parce qu'on a constaté que lorsque la prise en charge est tardive de plus de six heures, on réduit de 50% les chances de récupérer le malade. Maintenant, il y a la compétence, la disponibilité des produits et les infrastructures. {module Publicité 300_250|none}

En quoi consiste la psychopathologie des brûlés?
La brûlure est l'une des pathologies la plus préoccupante. Premièrement à cause de la mortalité, elle est très importante ; deuxièmement à cause de l'esthétique. Le coté psychologique vient du fait que le brûlé a des difficultés à accepter sa nouvelle présentation. Il faut l'assister. 

Quels conseils pour ceux qui manipulent les objets en rapport avec le feu?
La prise en charge de la brûlure coûte extrêmement chère. Il faudrait axer son action sur la prévention et l'éducation. Parce que les accidents domestiques représentent 60% des lieux où surviennent les brûlures. Ces accidents se passent au niveau de la cuisine. Il y a une façon par exemple de poser une casserole sur le four. On ne la met pas avec le manche en dehors. Ça doit plutôt être vers mur parce que l'enfant qui apprend à marcher va chercher à s'agripper partout et viendra le faire sur le manche de la casserole. Eviter qu'il soit à coté lorsque vous êtes en train de frire votre poisson. L'huile chaude est la principale cause de brûlure chez nous. Vérifier qu'on a des prises électriques protégées quand on a les petits enfants. Vérifier que les bouteilles de gaz et les fours sont fermés. On a tendance à fermer uniquement au niveau du four. 

Sandrine Tonlio
 

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