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L'ouverture sur le Cameroun::Maintien de la paix : Une colombe africaine plane sur la Centrafrique | CEMAC

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Maintien de la paix : Une colombe africaine plane sur la Centrafrique PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Mutations   
Mercredi, 01 Septembre 2010 13:40

Maintien de la paix : Une colombe africaine plane sur la Centrafrique Expérience édifiante d'une opération conduite par une force africaine dans un pays africain.
La journée du 30 Août 2010 restera gravée dans les annales de l'histoire de Force multinationale de l'Afrique centrale (Fomac). Ce jour-là, le chef de l'Etat centrafricain, François Bozizé a présidé à la Place d'armes du camp M'poko, à Bangui, la cérémonie de transfert d'autorité à la tête du commandement de la Fomac. Après deux ans de commandement, le Général camerounais Hector Marie Tchemo passait le pouvoir au Général congolais (République démocratique du Congo), Prosper Nabyolwa. L'officier sortant s'évertuera d'entrée de jeu, dans son allocution, à faire une brève historique de la force de maintien de la paix en République centrafricaine. A l'en croire, la première mission de consolidation de la paix du Conseil de paix et de sécurité de l'Afrique centrale (Micopax-1) est une concrétisation de la volonté de l'initiative prise par les chefs d'Etat et de gouvernement de la Communauté des Etats de l'Afrique centrale (Ceeac) de s'approprier leur sécurité collective. 

Soutien français
Dans ce contexte, indique le Général Tchemo, il a été demandé à la Micopax-1, dans son mandat, de consolider le climat de paix et de stabilité, aider au développement du processus politique, aider au respect des droits de l'homme, coordonner l'aide humanitaire et participer à la lutte contre les maladies endémiques, en particulier le Vih/Sida. «Nous avons pendant notre séjour ici continué à œuvrer pour que les belligérants d'hier fraternisent durablement et œuvrent tous pour la paix en Centrafrique. La paix maintenant est le meilleur cadeau qu'attendent les Centrafricains», dira l'ex commandant de la force (Comforce). Durant ses douze mois et vingt jours de commandement de la Fomac en Centrafrique, le Général Tchemo a, par ailleurs, planifier et réaliser la formation d'une compagnie de Forces armées centrafricaines. Laquelle a défilé devant le chef de l'Etat François Bozizé vers la fin de la cérémonie de lundi dernier, au même titre que les éléments venus d'autres pays contributeurs des troupes : le Cameroun, le Congo, le Gabon, la Guinée Equatoriale, la République démocratique du Congo et le Tchad.

S'adressant aux « frères d'armes » qu'il a formé, le Général Hector Marie Tchemo, par ailleurs commandant de la 3e région militaire interarmées du Cameroun, empruntera à Guillaume Henri Dufour, premier président de la Société qui deviendra par la suite le comité international de la Croix-Rouge, dans un ordre du jour (discours dans le jargon de l'Armée) prononcé en novembre 1847 : «soldats, il faut sortir de cette lutte non seulement victorieux, mais encore sans reproches. Il faut qu'on puisse dire de vous : ils ont vaillamment combattu quand il l'a fallu, mais ils se sont montrés partout humains et généreux. Je mets donc sous votre sauvegarde les enfants, les femmes, les vieillards et les ministres de la religion. Celui qui porte la main sur une personne inoffensive se déshonore et souille son drapeau ». Au Général Prosper Nabyolwa, le Général Louis Sylvain-Goma, secrétaire général de la Ceeac prescrira impartialité, légitimité, crédibilité et promotion de l'appropriation locale et nationale de la paix. Quant à François Bozizé, il s'inclinera volontiers sur les actions louables de la Fomac en vue du bon déroulement de la prochaine élection présidentielle centrafricaine.

Au pays du Zo Kwe Zo, la Fomac, héritière de la Force multinationale de la Cemac, est un véritable creuset d'intégration sous-régionale. Forte d'environ 700 hommes de huit pays, la Fomac compte un représentant spécial du chef de l'Etat, responsable de la mission du Copax en Rca, Albert Akendengué, de nationalité gabonaise, une composante militaire de 500 hommes sous le commandement du Général Nabyolwa, qui sera assisté dans l'exercice de ses fonctions d'un conseiller militaire, officier supérieur des Forces armées françaises. La composante militaire est constituée de quatre unités élémentaires provenant de quatre pays et comprend un détachement des Forces armées centrafricaines intégré au sein de la Fomac. Les contingents sont déployés suivant un calendrier de rotation à Bangui, sur trois postes avancés à Bozoum, à l'Ouest, à Paoua au Nord-ouest et Kaga-Bandoro au centre du pays. La Fomac comprend en outre une composante police-gendarmerie de 125 hommes et un peloton prévôtal de 21 hommes, une composante civile, à activer, et une composante observation constituée de 31 officiers observateurs militaires (Milobs) provenant du Burundi, du Cameroun, du Congo, du Gabon, de la Guinée Equatoriale et du Tchad. Depuis 2002, grâce à l'opération Boali forte d'un détachement de 240 hommes, la France apporte son soutien à la Fomac.

Anecdotes
Le Cameroun brille par sa présence au sein de la Fomac. En 2003, le pays était le seul Etat de la Cemac à n'avoir pas fourni de contingent à la force multinationale. Le Cameroun était alors préoccupé par le règlement du différend frontalier avec le Nigéria. Depuis 2008, les Camerounais s'est joint à ses frères d'armes de la sous-région. Le contingent camerounais compte 125 éléments venant de quatre contingents fournis par le Bataillon d'intervention rapide (Bir), le Bataillon des troupes aéroportées (Btap) et le Bataillon spécial amphibie (Bsa). Des officiers et sous-officiers camerounais se retrouvent également parmi le personnel d'appui. Après le colonel Emmanuel Cheping et le lieutenant-colonel Dieudonné Ebo Etoa, le commandement du détachement camerounais a été assuré par le lieutenant-colonel Assoualai Blama. Son mandat a officiellement pris fin au 30 juin 2010.{module Publicité 300_250|none}

Le brassage des nationalités au sein de la Cemac est une réalité. La cérémonie de lundi dernier a encore donné à constater cette intégration. Dans la foule joyeuse, il était difficile de faire la différence entre un officier ou un soldat centrafricain, congolais, camerounais ou tchadien. Les anecdotes de manquent pas pour autant au camp de M'poko. La veille de l'installation du nouveau Comforce, après une rixe, un officier du détachement de la République démocratique du Congo a abattu à bout portant deux de ses compatriotes semant ainsi la désolation dans le camp. « Pendant que nous étions en émoi, nos frères congolais nous tranquillisaient. Pour eux, c'était un fait banal». Un autre officier camerounais, arrivé en fin de mission à Bangui, révèle que «des rebelles sont tapis dans la brousse dans certaines préfectures (départements) de la Rca.

Parmi eux, il y a des femmes qui portent sur elles des bébés et des armes. Il y a également des rebelles dans le camp de M'boko», soutient-il. Notre voisin de siège dans l'avion militaire qui nous ramène à Yaoundé croit par ailleurs savoir que la «le mandat de la Fomac doit être prolongé au-delà de 2013. J'espère que ce sera le cas parce que les miliciens hostiles à Bozizé peuvent ressortir de leurs cachettes à tout moment pour lancer l'assaut sur Bangui. La paix est vraiment un bien précieux. C'est quand on est guerre qu'on s'en rend compte», martèle-t-il. Mais déjà la Fomac sera, dans les prochaines semaines, à l'épreuve du maintien de la paix, à la faveur de la prochaine élection présidentielle qui s'annonce houleuse.

Georges Alain Boyomo, à Bangui

 

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