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L'ouverture sur le Cameroun::Electricité : Aes-Sonel et l’Arsel se penchent sur le plafonnement des revenus | Economie

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Electricité : Aes-Sonel et l’Arsel se penchent sur le plafonnement des revenus PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Mutations   
Jeudi, 19 Août 2010 00:59

Electricité : Aes-Sonel et l’Arsel se penchent sur le plafonnement des revenus  Cette nouvelle méthode de tarification entrera en vigueur le 1er janvier 2011.
La régulation tarifaire de l'électricité par plafonnement des revenus entrera en vigueur à compter du 1er janvier 2011 au Cameroun. Cette méthode, qui vient s'ajouter au concept dit de plafonnement (Price Cap) pratiqué depuis le 18 juillet 2001, fait partie des clauses de la concession octroyée à l'opérateur privé Aes-Sonel. «Ce mode de tarification, indique l'Agence de régulation du secteur de l'électricité (Arsel), comporte une incitation à l'efficacité dans l'exploitation, notamment par la réduction des coûts.»
Il est prévu, apprend-on, qu'un an avant la date de l'entrée en vigueur de la nouvelle méthodologie de tarification, l'opérateur transmet au régulateur des documents précis.

Mais, regrette l'Arsel, lesdits documents (plan d'affaires 2011-2015, rapport sur le calcul de taux de rentabilité normale, rapport sur l'analyse et l'évolution des charges d'exploitation par activité, rapport sur l'analyse et l'évolution de la base tarifaire par activité et rapport de synthèse sur la détermination du revenu maximum autorisé sur la période 2011-2015) ont été reçus avec 6 mois de retard.
Une équipe pluridisciplinaire travaille néanmoins sur le sujet, de même qu'un groupe de travail Arsel/Aes-Sonel a été mis en place en vue de permettre, directement au régulateur, d'obtenir d'amples clarifications auprès du concessionnaire. Selon le régulateur, la régulation tarifaire par plafonnement des revenus donne un meilleur contrôle sur le comportement des opérateurs, avec pour objectif de tirer les coûts, donc les tarifs, vers le bas : «Ceci est dû au fait que dans le premier cas, le contrôle est exercé seulement sur le prix et dans le deuxième, il est exercé en même temps sur le prix et sur les quantités ; le revenu étant la multiplication des deux paramètres: Revenu = prix x quantité.»

Transport
En langage simple, la méthode à venir a pour but d'attirer, de maintenir et de rassurer les investisseurs avec un seuil de garantie sérieux. Et donc sans crainte d'une éventuelle crise énergétique. Par cette approche, Aes-Sonel s'assure un niveau de revenus (bénéfices) sur la base d'un pourcentage. Mais au cas où la rentabilité ne suit pas, c'est l'Etat qui va devoir rembourser. Cela veut dire, insiste le sous-directeur marketing de l'opérateur, Alexandre Siewé, que les résultats des performances financières, et donc le niveau des bénéfices, seront répercutés sur les consommateurs.
«Les tarifs de l'électricité ne pourront baisser que si tout le monde joue le jeu. Si les gens continuent à frauder ou à ne pas payer leurs factures, il va forcément y avoir des effets pervers sur les performances», indique-t-il. La période est d'autant plus cruciale que, malgré de sérieuses secousses sur le terrain de l'approvisionnement, Aes-Sonel, indique des sources introduites, doit débuter, dès ce mois, le remboursement de ses dettes évaluées à 30 milliards de francs. Mais pour le Réseau associatif des consommateurs de l'énergie (Race), le débat et ailleurs et se situe au niveau de la réduction des pertes techniques en lignes de transport.

Son président, Gérémie Bikidik, estime ainsi que l'Arsel «fait de la diversion», au moment où le débat sur les tarifs d'électricité bat son plein. Il existe peut-être, pense-t-il, une tarification par plafonnement des revenus, mais ce concept ne renvoie à rien en ce qui concerne la théorie du secteur de l'électricité.{module Publicité 300_250|none} La tarification de l'énergie électrique est basée sur la théorie du coût marginal, qui est fonction du coût de production des centrales en régime de base (c'est-à-dire ayant un fonctionnement 24h/24) et des pertes techniques en lignes de transport. Ce sont ces pertes qui jouent le rôle de régulation du tarif de l'électricité à l'usager, qui intègre aussi bien le coût marginal que le coût des pertes transport qu'il engendre.
«Lorsqu'on regarde bien le système de tarification de l'énergie électrique en vigueur, analyse M. Bikidik, on constate que l'opérateur utilise les revenus des pertes transport pour financer l'exploitation de la centrale de Yassa (Douala), au lieu de réduire ces pertes pour stabiliser les tarifs.

Ces revenus, de l'ordre de 40 milliards de francs obtenus suivant un mode de calcul complexe, peuvent être réinvestis pour améliorer le transport sur les lignes haute tension et tirer les tarifs vers le bas.» Le problème central en matière de tarification au Cameroun, estime le Race, demeure dans la meilleure manière de réduire les pertes transport qui minent le secteur et augmentent les coûts d'opérations.
Pour cela, l'Etat doit prendre ses responsabilités en favorisant la création d'une filiale de transport d'énergie autonome prévue depuis 2006, qui résoudrait définitivement ce problème persistant. «Une telle reforme pourrait même s'avérer incitative pour l'investissement dans le secteur. Certains projets hydroélectriques sont actuellement retardés à cause du flou artistique qui règne encore sur le système de tarification», ajoute Gérémie Bikidik.

Félix C. Ebolé Bola

 

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