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La Constitution de la Republique du Cameroun
Expansion : Hysacam broie du noir à Niamey PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Mutations   
Jeudi, 19 Août 2010 00:56

Expansion : Hysacam broie du noir à Niamey La fierté économique du Cameroun s'est posée au Niger depuis deux ans. Mais, le climat socio-politique local s'est vite dégradé, et l'entreprise vient de voir ses portes scellées et ses dirigeants séquestrés.
Lundi 2 août 2010, entre 12h30 et 17h, les deux derniers dirigeants camerounais de Hysacam-Niger restés en poste à Niamey, Jean Brice Nguema Ndong (directeur de la succursale) et Guy Alphonse Chuente (directeur administratif et financier), ont été séquestrés par une cinquantaine d'employés de l'entreprise qui exigeaient le paiement de leur solde négociée depuis trois semaines pour la fin du mois dernier. N'ayant vu aucun franc venir, ils ont alors pris en otage les deux dirigeants, qu'ils ont traînés jusqu'à l'inspection du travail où ces derniers ont été contraints de signer un procès-verbal de non conciliation et ont reçu une convocation à comparaître par devant le tribunal du travail jeudi le 5 août 2010. 

Cet incident est le dernier épisode de la crise qui secoue Hygiène et salubrité du Cameroun (Hysacam) au Niger depuis quelques mois. Une histoire qui avait pourtant bien commencé il y a près de deux ans, avec la signature d'un contrat de cinq ans portant sur près de six milliards de Fcfa, entre la Communauté urbaine de Niamey (Cun) et l'entreprise camerounaise dont l'expertise en matière de ramassage d'ordures ménagères en milieu urbain avait séduit les dirigeants nigériens.
Hysacam a fait un travail très apprécié à Niamey. Une quasi unanimité s'est même dégagée autour du professionnalisme de cette entreprise camerounaise. La nouvelle allure de la ville plaidait largement en sa faveur. Ces résultats probants ont très vite fait tarir les quelques relents xénophobes qui avaient accompagné son arrivée. Même le président Tandja, en son temps, était tombé sous le charme de cette expertise africaine et avait trouvé les mots justes pour leur jeter publiquement quelques lauriers.

Car avant Hysacam, il n'y avait eu que des Ong et des Pme telles que Valpro, Faba, Oxfam-Québec, Mercy Coprs, pour assurer la salubrité dans la capitale, avec des fonds de l'aide internationale au développement. Avec Hysacam, la capitale nigérienne était entrée dans la modernité en matière de ramassage et de traitement de ses ordures ménagères. Et puis patatras !
Grosses rumeurs sur les conditions de signature du contrat 2008-2013 entre la Communauté urbaine de Niamey au nom des cinq communes urbaines d'arrondissement et Hysacam en novembre 2008 et interprétations divergentes de certaines clauses du contrat. Retards non moins suspects dans le décaissement des tranches de paiement conformément au contrat et non renouvellement de l'ordre de service 2009 par la Cun (qui tiendrait lieu de bon de commande annuel 2010 et prévu par le contrat non dénoncé à ce jour). Grèves successives du personnel parfois sur fond de manipulations. Campagnes médiatiques de plus en plus insidieuses contre l'entreprise camerounaise. Séquestrations répétitives des dirigeants camerounais de l'entreprise par le personnel gréviste en furie. Et, finalement, suspension des activités depuis le 17 Juin 2010.{module Publicité 300_250|none}

Depuis lors, plus un seul camion Hysacam dans les rues de la capitale. Les fournisseurs en colère attaquent l'entreprise et les mises en demeure s'enchaînent. Assèchement des caisses de l'entreprise. Rupture de fourniture en eau, en électricité et téléphone aux bureaux. Comptes bancaires scellés à la suite de procédures judiciaires engagées par des fournisseurs à bout de patience. Saisie toute récente par voie d'huissier des camions de ramassage. Et la liste n'est que trop longue et peut-être pas assez longue et dramatique pour sérieusement mobiliser le siège à Douala.
Interrogés sur cette situation, les dirigeants de l'entreprise à Niamey n'osent donner quelque réponse. Ils attendraient, selon toute vraisemblance, un signal de la direction générale de Hysacam basée à Douala. Or, celle-ci voit sa marge de manœuvre réduite à cause des dernières factures impayées. L'affaire se complique parce que le gouvernement militaire de transition qui a pris les rênes du pouvoir depuis la chute de Mamadou Tandja, ne semble pas classer ce dossier Hysacam parmi ses priorités de l'heure. Pendant leur séquestration à leurs domiciles respectifs lundi le 02 août dernier, les deux dirigeants camerounais de Hysacam à Niamey ont lancé des appels au secours en direction de la police et du ministère de l'Intérieur qui n'ont produit aucun effet.

Correspondance particulière depuis Niamey, Raphael Yimga Tatchi

 

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