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L'ouverture sur le Cameroun::Ariane Lidwine Nkoa : Les moyens de droit sont instrumentalisés | Interviews Actu

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Ariane Lidwine Nkoa : Les moyens de droit sont instrumentalisés PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Mutations   
Mardi, 17 Août 2010 09:23

Ariane Lidwine Nkoa : Les moyens de droit sont instrumentalisés  Programme assistant à Igc, elle explique les raisons des freins à l'accès de l'information.
Qu'est ce qui d'après vous justifie les freins au droit d'accès à l'information ?
Le droit d'accès à l'information régule les relations entre l'administration, qu'elle soit publique ou privée et les administrés ou usagers. Malgré ce postulat, il apparaît qu'au Cameroun, il existe des obstacles tant de fait que de droit qui restreignent considérablement l'ouverture des administrations publiques aussi bien aux journalistes, qu'aux citoyens ordinaires. C'est par exemple la culture du secret excipé au travers de l'obligation de réserve ou de la discrétion professionnelle qu'utilisent ceux qui sont détenteurs des missions de service public.
Est-ce que la pléthore de textes et de pratiques qu'excipent les fonctionnaires ne perdent pas les médias qui disposent d'une loi autorisant l'accès à l'information ?
La loi sur la communication sociale adoptée en 1990 au Cameroun qui régule principalement les métiers de la communication est en effet un des textes dont les dispositions pertinentes ignorées, consacrent le droit d'accès à l'information des journalistes. Cette ignorance concerne tant les professionnels des medias, les administrations publiques, que l'institution judiciaire et même des acteurs judiciaires à l'instar des avocats qui manifestement n'exploitent pas ce texte. Il apparaît en effet assez paradoxal que des acteurs et des experts en droit ignorent ou n'utilisent pas cette protection consacrée par des textes en vigueur au Cameroun. Si le dispositif normatif ainsi consacré permet de reguler et d'encadrer le travail de la presse, il apparait à l'observation qu';au Cameroun, les moyens de droit sont le plus souvent instrumentalisés à des fins politiques, ce qui evidemment perd et fragilise le journaliste, et crée une veritable insecurité juridique. 

Au regard de tout cela, faut-il adopter une loi specifique sur la liberté d'information au Cameroun ?
Il est indubitable que l'adoption d'un texte général sur le droit d'accès à l'information resoudrait considérablement les problèmes que vivent tant les les journalistes que les usagers. Les motifs de refus argués par les detenteurs du pouvoirs auraient alors une base legale, et non plus des caprices, convenances personnelles ou des raisons politiques. La loi sur l'accès à l'information accordera une protection tant à celui qui demande l'information, qu'à celui qui la donne.

Propos recueillis par P.C.A.

Mise à jour le Mardi, 17 Août 2010 10:34
 

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