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L'ouverture sur le Cameroun::Barrage de Lom Pangar : Le constructeur sera connu en novembre | Economie

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Barrage de Lom Pangar : Le constructeur sera connu en novembre PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Mutations   
Mardi, 10 Août 2010 16:12

Barrage de Lom Pangar : Le constructeur sera connu en novembreChacune des huit entreprises préqualifiées doit accompagner son offre d'une garantie d'un milliard de Fcfa.
Le projet de construction du barrage réservoir de LomPangar, dans la région du Sud, vient de franchir une étape décisive : la semaine dernière, Electricity Development Corporation (Edc), maître d'ouvrage du projet, a lancé l'appel d'offres en direction des huit entreprises préqualifiées, qui ont-elles-mêmes été choisies après un avis à manifestation d'intérêt qui a rendu son verdict à travers un communiqué publié le 21 juin 2010 dans le quotidien gouvernemental, Cameroon Tribune.
C'est par ce même canal que depuis vendredi dernier, par communiqué, Edc invite «les candidats préqualifiés à présenter leurs offres sous pli scellé pour le contrat ''réalisation des études et investigation additionnelle sur le site, les études d'exécution, la fourniture, l'installation, la construction et la mise en service du barrage de retenue du projet hydroélectrique de Lom Pangar''».

A en croire le communiqué signé du directeur général d'Edc, Théodore Nsangou, «les offres devront être remises (...) au plus tard le 4 novembre à 12h précises heure locale», et doivent être obligatoirement «accompagnées d'une garantie d'un milliard de Fcfa». Les propositions d'offres financières et techniques faites par les huit entreprises préqualifiées, apprend-on encore, seront «ouvertes en présence des représentants des soumissionnaires qui décideront d'assister à la séance d'ouverture qui aura lieu le 4 novembre 2010 à 13h précises heure locale». Dans leurs offres, les huit prétendants garderont certainement à l'esprit cette astuce du Dg d'Edc, qui se confiait ainsi à Mutations en juin dernier, après la publication de la short-list des entreprises préaqualifiées : au moment du dépouillement des offres, «une attention particulière sera portée au respect des aspects environnementaux du projet, conformément aux standards des bailleurs de fonds et notamment la Banque mondiale».
En rappel, parmi les huit entreprises qui sont dans les starting-blocks, se trouvent le groupement français Razel-Sogea-Satom, l'entreprise brésilienne Construtora Andrade Gutierrez S.A. et la société italienne Salini Construttori S. P. A. Ces trois premières sociétés sont plus ou moins connues dans la construction des infrastructures routières. Pour le barrage de Lom Pangar, elles sont en concurrence avec cinq entreprises chinoises qui vont tenter, chacune, de remporter la mise.

Offre chinoise
Il s'agit de China International Water and Electric Corporation (Cew), Sinohydro Corporation Limited, China Gezhouba Group Company Ltd, China Communications Construction Company et Xian Jiang Beixin Construction and Engineering Company. Si les trois dernières entreprises citées sont presque inconnues au bataillon des constructeurs de barrages, les deux autres sont créditées d'une expérience certaine dans la réalisation des projets hydroélectriques.
Il en est ainsi de Cew, qui peut revendiquer comme fait d'arme dans le secteur énergétique camerounais, la construction du barrage de Lagdo, dans la partie septentrionale du Cameroun ; la construction du barrage de Boukourdane en Algérie, ainsi que des ouvrages similaires au Laos et en Malaisie. Sinohydro, elle, est déjà impliquée dans le projet de construction du barrage de Memve'ele dans le Sud du Cameroun, depuis la non conclusion des discussions avec la société Globeleq. En avril 2009, cette société chinoise a signé avec le gouvernement du Congo démocratique, un accord pour la construction d'un barrage hydroélectrique d'une capacité de 150 Mw sur la rivière Inkisi, dans la localité de Zongo.

Pour un Cameroun plein d'énergie
Capacité de retenue d'eau de 7,250 milliards de mètres cubes (m3), soit les capacités actuelles des barrages de Mapé, Mbakaou et Bamendjin réunis. Catalyseur de l'exploitation optimale des barrages hydroélectriques de Songloulou et d'Edéa ; lesquels seront susceptibles de générer en aval, grâce à l'amélioration de leurs débits respectifs, un surplus de puissance d'environ 170 mégawatts sans investissements additionnel. Voilà quelques caractéristiques qui font dire aux experts des questions énergétiques que le barrage réservoir de Lom Pangar, dont le lancement officiel des travaux de construction est prévu en décembre prochain, est l'un des projets déclencheurs et structurants du 3ème cycle d'industrialisation du Cameroun ; pays qui perd actuellement un demi point de croissance chaque année à cause du déficit énergétique, selon un expert du ministère camerounais de l'Economie.

Pour mieux appréhender la capacité du barrage de Lom Pangar à inverser cette tendance, il n'est pas futile de souligner que la construction de cet ouvreage conditionne la réalisation du projet d'extension de l'usine d'Alucam, entreprise qui consomme actuellement à elle seule près de 50% de l'énergie électrique produite au Cameroun, et qui envisage de porter sa production à 300.000 tonnes d'aluminium contre 90.000 tonnes actuellement. Couplé au projet de construction d'une usine de raffinage d'aluminium à Kribi, le développement de la filière aluminium avec le triplement de la production d'Alucam, peut rapporter au Trésor public camerounais autant de ressources financières que le pétrole, si l'on s'en tient aux conclusions d'une étude réalisée pour le compte du gouvernement camerounais par le cabinet Prescriptor.{module Publicité 300_250|none}

En plus, grâce au barrage de Lom Pangar dont les travaux de construction vont durer 49 mois, ainsi qu'à d'autres ouvrages du même type encore en projet (Memvelé, Mekin...), le Cameroun peut devenir exportateur d'énergie électrique. Fort de ce que ce pays dispose du second potentiel hydroélectrique en Afrique derrière la Rdc, et de ce que seul 1% de ce potentiel est actuellement exploité ; des géants de l'industrie comme le Nigeria, demandeur d'énergie électrique, ont déjà clairement affiché leurs intentions à faire du business avec le Cameroun dans ce domaine.
En plus de ces retombées économiques plus ou moins indirectes, le barrage de Lom Pangar, qui va s'étendre sur une superficie de 540 km2 et s'étalera sur une longueur de 188 m contre 45,5 m de haut ; va générer pas moins de 1500 emplois pendant une durée de quatre ans, selon les prévisions du maître d'ouvrage.

Il s'agit là d'une véritable bouffée d'oxygène pour la population active de l'Est, surtout les jeunes confinés aux travaux champêtres et à la recherche artisanale de certains minerais tel que l'or depuis la fermeture à la fin des années 80 des entreprises industrielles alors fleurons de cette région [Société camerounaise de Tabac (Sct), Société de gestions des zones prioritaires de l'Est (Zapi-Est), Société forestière et industrielle de Belabo (Sofibel] qui est actuellement la plus enclavée du Cameroun. Laquelle région pourra également, toujours grâce au barrage de Lom Pangar, bénéficier des bienfaits de l'énergie hydroélectrique (l'approvisionnement de cette partie du pays se fait grâce aux centrales thermiques) du fait de l'usine d'une capacité de production de 30 Mw qui sera construite au pied du barrage pour lequel la dernière table ronde des investisseurs a produit 160 milliards de Fcfa.

Brice R. Mbodiam

 

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