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La Constitution de la Republique du Cameroun
Jacob Kotcho : La part des pays Acp est marginale PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Mutations   
Mardi, 27 Juillet 2010 07:41

Jacob Kotcho : La part des pays Acp est marginale Le secrétaire permanent de l'Acdic s'interroge sur la rentabilité de la banane dans l'économe du Cameroun.
Que vous inspirent les craintes des pays Acp quant au partage de l'enveloppe de 190 millions d'euros reçus de l'Union européenne?
Cette situation illustre parfaitement le comportement de nos dirigeants qui ont l'habitude de se lancer dans des processus sans avoir une stratégie claire. La question de la banane est un dossier qui ne va nous apporter que des problèmes. Pour comprendre de quoi il s'agit, il faut resituer le contexte. La banane est un produit dont
l'exploitation industrielle a été introduite dans nos marchés par la volonté du capital étranger. Ce n'est pas la volonté du Cameroun qui a été à l'origine du développement de la production de la banane au Cameroun faire de la banane un produit industriel.
Au regard de cela, avons-nous intérêt à nous lancer dans une bagarre pour entretenir le commerce de la banane d'autant plus que le capital qui bénéficie de l'exploitation de la banane n'est pas un capital camerounais. Deuxièmement, la part qui revient au Cameroun ou aux pays Acp sur le marché international de la banane est extrêmement marginale; le premier pays producteur de banane produit plus de cinq millions de tonnes par an, alors que nos pays sont à 100 mille, 200 mille tonnes. Les bénéfices que génèrent les économies d'échelle, font que nous sommes totalement non compétitifs sur ce produit sur le plan international, ce n'est pas demain que cette tendance va se renverser.
De trois, sur le plan de la bataille juridique, et par rapport aux préférences que nous avons sur le marché européen, nous avons été bernés. L'Union européenne a l'incapacité juridique de continuer à nous offrir des préférences pour l'accès de la banane dans leur marché, parce que c'est incompatible aux règles de l'Organisation mondiale du commerce. Tout le système commercial multilatéral est bâti sur deux principes : la réciprocité et la non discrimination.

Est-ce que ces préférences commerciales accordées aux pays Acp par l'UE n'ont pas mis en veille leur production?
Elles nous endormi parce que nous nous sommes satisfaits des avantages préférentiels pour ne pas développer des stratégies intérieures des politiques appropriées, afin de promouvoir un véritable secteur compétitif qui soit compétitif. Pour cela, il faut une stratégie endogène qui définisse ce qui est stratégique pour nous, si la banane est un produit stratégique pour nous. Et la question est là. Est-ce que la banane est un produit stratégique pour nous ? Est-ce qu'il n'y a pas d'autres produits plus rentables pour nous en dehors de la banane ? La banane justifie-t-elle qu'on fasse des sacrifices économiques importants au Cameroun ?

Plutôt que de négocier des quotas de ventes sur le marché européen, ne vaut-il pas mieux pour les pays Acp et le Cameroun en particulier de développer sa production et de se tourner vers la transformation?{module Publicité 300_250|none}
Le débat sur la banane est un faux débat parce que nous avons des problèmes de politique économique plus importants. Nous devons définir une véritable de politique de développement, une politique économique, une politique commerciale ; avec la vision que vont apporter ces politiques, on pourra faire des choix stratégiques qui vont définir ce qui est plus utile ou pas. Qu'est-ce qui nous dit que la banane est plus utile que le manioc ? Je vous prends un exemple : le Cameroun importe 25 millions de tonnes de farine de blé par an pour les produits de pâtisserie. On a fait une étude qui a démontré qu'en introduisant 20% de farine locale dans la pâtisserie au Cameroun, on va créer 47 000 emplois. La farine locale dont il est question c'est celle du plantain, du manioc et autres. Est-ce qu'au regard de cela, la banane est plus importante? Nous devons identifier nos priorités, élaborer nos stratégies en fonction de nos intérêts.

Certains pays pensent aujourd'hui à développer de nouvelles destinations pour écouler leur production. Pensez-vous qu'ils en soient capables au regard de la complexité du marché international?
Il faut remplir un certain nombre de critères ; il faut bien produire, mieux produire, vendre mieux et être capable de vendre. Nous avons un déficit en infrastructures, nous n'avons pas la capacité technique et technologique, et il y a la capacité d'accéder au marché international. Ce sont des questions techniques et technologiques auxquels il faut d'abord apporter des réponses ; ce ne sont pas des slogans, ce n'est pas de la fiction. La compétitivité ne se décrète pas, ça obéit à des critères qu'on doit scrupuleusement remplir.

Propos recueillis par PCA

 

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