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La Constitution camerounaise

La Constitution de la Republique du Cameroun
Marché : Péril sur la banane camerounaise PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Mutations   
Mardi, 27 Juillet 2010 07:29

Marché : Péril sur la banane camerounaise Les producteurs africains se concertent autour de 124 milliards de l'Ue mais aussi pour faire face à la production sud-américaine.
Les conséquences de l'Accord de Genève entre les pays latino-américains et la Commission de l'Union européenne suscitent des craintes au sein des pays Acp. En effet par cet accord, la banane issue des pays latino-américains, encore appelée banane dollar, va rentrer dans l'espace économique européen au taux de 114 dollars la tonne, au lieu des traditionnels 176 dollars payés au titre des droits de douane.

Cet Accord signé le 15 décembre 2009 entre pays d'Amérique latine et l'Ue, démantèle les droits de douane traditionnellement appliqués à la banane dollar, et érode la préférence commerciale dont bénéficiait la banane des pays du groupe Acp dans le marché européen, où elle entre à taux nul.
Le marché mondial de la banane étant dominé par les pays latino-américains à 80%, l'invasion du marché européen par la banane dollar, a créé la stupeur chez les petits producteurs du groupe Acp qui ont exercé des pressions sur la Commission européenne, afin de bénéficier des compensations substantielles, et des mesures d'accompagnement pour doper la production bananière. «Nous avons demandé 500 millions d'euros à l'Union européenne, mais elle nous a accordé 190 millions sur la période 2010-2013», a indiqué le ministre du Commerce Luc Magloire Mbarga Atangana, lors de la signature de la Déclaration de Yaoundé le 23 juillet dernier par la Côte d'Ivoire, le Ghana et le Cameroun.

Si les 190 millions d'euros de l'Union européenne, soit 124,4 milliards de Fcfa, destinés à la mise à niveau compétitive et à la restructuration de la filière banane dans les 10 pays Acp constituent un acquis, la répartition de cette enveloppe reste entière. «Les pays africains du groupe que sont le Cameroun, le Ghana et la Côte d'Ivoire produisent 2/3 de la production du groupe ; mais on reçoit à peine 20% de son montant. C'est pourquoi cette fois-ci, nous voulons une répartition équitable qui tienne compte de nos efforts, tant il est vrai qu'à trois, nous sommes les seuls à pouvoir développer et soutenir une industrie bananière dynamique et compétitive face à nos féroces concurrents de la zone dollar», souligne Mbarga Atangana.
«Les pays des Caraïbes reçoivent 90% de l'enveloppe ; si on regarde les pays comme la Jamaïque qui produisent à peine 5000 tonnes de banane mais s'en sortent avec de gros montants devant des producteurs comme la Côte d'Ivoire qui est 280 mille tonne par an», explique Calice Yapo Yapo, ministre ivoirien du Commerce.

Pour plusieurs observateurs, la négociation de ces mesures endort les capacités des pays africains à produire et à transformer la banane localement. «L'exploitation industrielle de la banane a été introduite dans le marché par le capital européen, ce qui fait que c'est ce capital qui va profiter de cette enveloppe. Et puis, il y a que l'Union européenne a l'incapacité juridique de nous garantir les préférences commerciales sur son marché parce que c'est incompatible aux principes de l'Omc. Le système commercial multilatéral est bâti sur deux principes : la réciprocité et la non-discrimination», explique Jacob Kotcho, secrétaire permanent de l'association citoyenne de défense des intérêts collectifs (Acdic).{module Publicité 300_250}
Pour lui, ces mesures préférentielles sur l'accès au marché européen ont contribué à endormir les africains.

Une situation que reconnaît Luc Magloire Mbarga Atangana. «Notre retard est lié à ces mesures préférentielles qui datent des accords Debré signés avec la France dans les années 60 ; cela a amené les africains à dormir sur leurs avantages, perdant ainsi de vue que les autres travaillent pour produire plus et mieux.»
Le marché de la banane représente 5 milliards de dollars chaque année, soit environ 2350 milliards de Fcfa. Il est dominé à 80% par l'Equateur qui produit plus de cinq millions de tonnes chaque année. Le Costa Rica, le Guatemala, le Panama, la Colombie et bien d'autres Etats constituent le lot des pays latino-américains qui produisent plus de 55 millions de tonnes d'or jaune. Cette configuration est ce qui justifie les craintes des pays Acp dont la production actuelle se situe autour 970 mille tonnes, soit 7% du marché international. Les compensations ainsi reçues de l'UE devraient porter la production Acp à 1,8 million de tonnes d'ici à l'horizon 2016.

Pierre Célestin Atangana

 

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