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| Poivre : Le trésor caché de Penja |
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| Écrit par Mutations |
| Jeudi, 15 Juillet 2010 18:43 |
Grâce à ses qualités aromatiques et gustatives exceptionnelles, le poivre produit dans la petite localité de Penja (département du Moungo), est très prisé sur le marché international des épices. Visite des plantations...Penja, à 77 km de Douala, un vendredi matin. Malgré une forte pluie qui s'abat sur la localité depuis le lever du jour, des ouvriers sont à l'œuvre dans des plantations qui s'étendent à perte de vue. Dos courbés, sans imperméables, jeunes et moins jeunes semblent ne pas se soucier des gouttes d'eau qui s'écrasent sur les corps recouverts de haillons. Vers l'entrée de la ville, une voie non bitumée conduit vers les plantations de poivriers, lieu de production du "Poivre du haut Penja", le poivre le plus prisé du marché international, apprend-on ici. Epicier grossiste au marché central de Douala depuis 30 ans, Ambroise Noumbissi tente une comparaison : "C'est de loin le meilleur sur le marché, loin devant le poivre chinois ou d'autres variétés". A l'étranger, les spécialistes en art culinaire sont encore plus élogieux. "C'est un des poivres les plus rares. C'est aussi un des plus recherchés", commente un site Internet français dédié à la cuisine. Analysant les qualités gustatives de ce produit, la même source ajoute : "Ce poivre de Penja est doux, très fin et très élégant. Il rehausse viandes et poissons de ses notes boisées et parfumées". Miam miam ! Ses qualités uniques, notamment son arôme et sa saveur piquante, font donc du poivre du haut Penja un produit unique dans le monde, et donc exposé à la contrefaçon. C'est pourquoi, révèle-t-on à Mutations, cette épice introduite au Cameroun en mars 1958 sera bientôt protégée par un brevet. Les démarches y afférentes sont déjà très avancées, grâce à un financement d'une valeur d'un million d'euros (environ 655 millions de francs Cfa) que l'Agence française de développement (Afd) a accordé l'année dernière au Gic de producteurs de poivre de Penja. René Claude Metomo, le responsable de ce Gic, est l'un des grands cultivateurs de poivre de la localité. Homme élancé, âgé d'environ 40 ans, les vêtements qu'il arbore dans les plantations, mouillés et encrassés, n'indiquent en rien qu'il s'agit d'un homme fortuné. Sa tenue négligée contraste cependant avec l'esthétique de sa résidence. Perchée sur une colline, au bout d'un long trajet traversant des plantations de poivre, la demeure de René Claude Metomo est en effet un régal pour les yeux. Le gazon bien tondu dégage un doux parfum de fleurs. L'intérieur de la demeure valorise le rotin et le bois blanc. Il y fait une fraîcheur de montagne. C'est dans la tiédeur d'un coussin que René défile le film de sa vie, qui a changé depuis son contact fructueux avec le poivre. Un bon filon Dans la localité de Penja, René Claude Metomo n'est pas seul à avoir trouvé son compte dans la culture du poivre. Un kilomètre plus loin, PHP (Plantations du Haut Penja), une entreprise plus connue pour ses bananeraies, exploite pas moins de 85 hectares de poivrières. La section poivre de cette entreprise agro-industrielle emploie de nombreux ouvriers. A la tête de PHP Poivre, se trouve Richard Scott, un Anglais. Disponible, il ne pose aucun problème à nous recevoir dans son bureau. Petite surprise, malgré ses 22 années de vie au Cameroun, il n'est toujours pas très à l'aise avec le français. Mais là n'est pas le problème. Sa crainte porte sur le sujet de notre discussion. C'est pourquoi, d'emblée, il prévient : "Je ne parlerai pas de politique ou de tout sujet à polémique pouvant impliquer mon employeur". Et le reporter de Mutations, de le rassurer : "Rien que du poivre". A cette répartie, M. Scott retire ses lunettes et les dépose sur son ordinateur portable. Son regard pétille d'impatience. On comprend qu'il est un passionné du sujet. Sa carte de visite mentionne d'ailleurs qu'il est expert dans la culture du thé, du palmier à huile, et... du poivre. Comment cultive-t-on le poivre? Notre expert tient à être concret dans ses réponses. Il nous invite à suivre ses explications en visitant les plantes sur pied. Et nous voici dans les vastes poivrières de PHP. "Tout d'abord, vous devez savoir qu'on ne sème pas le poivre, explique-t-il. Le poivrier est une association de plusieurs lianes rampantes. Sa culture nécessite des arbres tuteurs sur lesquels se greffent ces lianes, lesquelles produisent des petites branches, qui à leur tour font germer des grappes de poivre". Et les semences? Richard Scott nous conduit sur le site des pépinières et "pré-pépinières" couvertes de grands hangars. "En guise de matériel agricole, explique-t-il, nous prélevons des boutures sur la liane principale. Nous replantons ces boutures après une série de germinations". Qualités exceptionnelles Peut-on vivre aisément grâce à la culture du poivre? Jules Kamdem fait rapidement le calcul : "Si vous gérez des centaines de tonnes de poivre et que vous vendez un sachet de 250 grammes de cette épice à 1000 franc, il est évident qu'on trouve son compte", conclut-il, dans un rire laissant entrevoir le bonheur de ceux qui exploitent ce filon. Une poivrière au stade de production peut en effet rapporter jusqu'à deux millions de francs Cfa par hectare. |











Grâce à ses qualités aromatiques et gustatives exceptionnelles, le poivre produit dans la petite localité de Penja (département du Moungo), est très prisé sur le marché international des épices. Visite des plantations...