 Le politologue jette un regard sur les douze premiers de Philémon Yang à la tête du gouvernement. Quelle appréciation faites-vous de manière générale sur la première année du gouvernement Yang ?Ce que l'on peut faire comme appréciation générale c'est que l'équipe dirigée par le nouveau Premier ministre M. Philémon Yang a agi de manière à ce que son action n'ait pas un très grand éclat. On pouvait s'attendre après le départ de l'ancien Premier ministre Ephraïm Inoni que le nouvel arrivant et son équipe marque mieux le
terrain par des mesures et des actions décisives dans les différents domaines de politique publique.
Sa feuille de route semblait pourtant avoir été clairement définie par le président de la République lors du conseil des ministres du 3 juillet 2009. Certains pensent qu'il a plutôt choisi d'agir dans la discrétion. Il peut effectivement être intéressant, en tout cas c'est un choix légitime d'agir dans la discrétion, mais il est également important alors de faire connaître exactement les évolutions que le nouveau Premier ministre et son équipe ont pu apporter à la résolution de certaines questions, à l'avancement de certains dossiers. Il ne me semble pas avoir suffisamment de visibilité pour que l'on puisse apprécier l'empreinte que la nouvelle équipe a apposée dans sa gestion des dossiers de l'Etat. Il y a comme une espèce de routine dominante qui continue à peser de telle manière que les éléments nouveaux qu'aurait pu apporter la nouvelle ne soient pas aisés à cerner.
Le contexte dans lequel il prend les rênes du gouvernement ne lui semble pas très favorable. Tout à fait. Et c'est le problème de nos chefs de gouvernement. Ils travaillent avec un certain nombre de données qui ne sont pas sous leur contrôle direct. Notamment en qui concerne aussi bien leurs appareils de collaboration qu'en ce qui concerne même les conditions de la collaboration gouvernementale. Cette situation est par ailleurs compliquée avec l'existence de plusieurs pôles de coordination gouvernementale. A côté de la primature, il y a évidemment le secrétariat général de la présidence de la République. Une telle configuration complique objectivement l'action de nos Premiers ministres et fait que l'ensemble des données de cette action ne sont pas toujours aisément gérables surtout parce qu'il existe une pluralité de pôles de coordination.
{module Publicité 300_250|none}De façon globale, est-ce qu'il ressort un secteur d'activités qui à votre avis a retenu l'attention du Premier ministre au cours de cette première année ? De mon point de vue, je n'ai pas vu de secteur marquant dans l'action du nouveau Premier ministre. J'ai plutôt eu l'impression qu'il a adopté une posture qui reconduisait un peu celle de son prédécesseur, c'est-à-dire agir sur des dossiers qui n'étaient pas nécessairement des dossiers brûlants, même s'ils demeuraient des dossiers importants. Par exemple en ce qui concerne la gestion des retraites. Il a aussi repris la même technique qui est essentiellement une technique de communication d'insister sur la nécessité d'une ponctualité dans les différents services de l'Etat.
Sur ce point, on a l'impression que le reste de la machine a du mal à suivre. Bien entendu, le Premier ministre Yang Philémon ne peut pas être responsable des phénomènes d'inertie qui se sont constitués avant lui, même si en tant que chef du Gouvernement, il est appelé à les gérer. Mais comme je l'ai dit, cela est d'autant plus compliqué qu'il n'existe pas un seul centre d'impulsion gouvernementale. Et c'est la première difficulté à laquelle nos chefs de gouvernement, au-delà même du contenu de leurs actions et de la pertinence de leurs orientations, sont confrontés. Il y a un phénomène d'inertie récurrent au niveau de nos administrations, et je pense que pour parvenir à lutter contre cela, il faut peut être se situer au niveau supérieur.
C'est-à-dire ? C'est-à-dire au niveau de la présidence de la République. |