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L'ouverture sur le Cameroun::Un des chefs des "chemises rouges" grièvement blessé à Bangkok | Asie

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Un des chefs des "chemises rouges" grièvement blessé à Bangkok PDF Imprimer Envoyer
Écrit par 237online.com   
Vendredi, 14 Mai 2010 03:29

chemises_rouge_blesseLe général Khattiya Sawasdipol alias Seh Daeng, l'un des principaux leaders des "chemises rouges" qui manifestent à Bangkok depuis mi-mars contre le gouvernement, a été grièvement blessé par balle à la tête, jeudi 13 mai, alors qu'il accordait une interview à un journaliste du Herald Tribune dans une rue du centre de la capitale thaïlandaise.
Le reporteur du Herald Tribune écrit qu'alors qu'il discutait avec Seh Daeng, il a entendu "une détonation semblable à un pétard. Le général est tombé au sol, les yeux grands ouverts, et les manifestants ont emmené d'urgence son corps, apparemment sans vie, à l'hôpital". "Il est en train de subir une intervention chirurgicale à l'unité de soins intensifs de l'hôpital Hua Chiew", a précisé un porte-parole du service des secours de la capitale.

Jeudi soir, manifestants et forces de l'ordre se sont affrontés pendant environ deux heures. Cinq grenades M-79 ont été tirées devant le quartier de la finance de Bangkok et l'armée a finalement ouvert le feu pour repousser des manifestants qui chargeaient, a témoigné un cameraman de l'AFP. Au total, sur l'ensemble de la soirée, un manifestant a été tué et au moins huit ont été blessés, dont Seh Daeng.
HÉROS OU DANGEREUX TRAÎTRE

A 58 ans, Seh Daeng est considéré par les manifestants antigouvernementaux comme un héros, mais par l'armée comme un traître dangereux. Ce franc-tireur est aussi considéré comme un allié indéfectible de Thaksin Shinawatra, l'ancien premier ministre en exil renversé en 2006 par un putsch, et dont se réclament de nombreux manifestants.

Vêtu de sa tenue camouflage et de son chapeau à rebords décoré de goupilles de grenade, il posait encore cette semaine pour des photos, vendant des livres sur ses exploits. Et depuis des semaines, il inspectait tous les jours les barricades de bambous, de pneus inflammables et de barbelés tranchants qui ont été dressées contre un éventuel coup de force militaire. De quoi retrouver de la fierté après sa disgrâce au sein de l'armée, qui date de 2008, lorsqu'il avait publiquement critiqué sa hiérarchie. Sanction immédiate, avec une mutation comme professeur de cours d'aérobic sur un marché... "Tout le monde s'est moqué de moi. On ne demande pas à un guerrier de ma trempe de faire des choses aussi stupides que ça", avait-il protesté.

"Quand la balle l'a touché, écrit le journaliste du Herald Tribune, le général répondait à une question sur la possibilité que les militaires puissent pénétrer dans la zone occupée par les manifestants. (...) Ces derniers mots furent 'Les militaires ne peuvent pas entrer ici'."
LEMONDE.FR avec AFP et Reuters

ÉTAT D'URGENCE ÉTENDU

La tension est montée d'un cran jeudi à Bangkok, où l'armée a menacé de boucler avec blindés et hommes en armes le quartier où sont retranchés les manifestants antigouvernementaux. Le gouvernement a en effet décidé de faire cerner par les chars la foule de quelque vingt mille opposants qui campent depuis deux mois dans le quartier commerçant du centre de la capitale pour empêcher de nouveaux opposants de rejoindre les "chemises rouges". La veille, le premier ministre Abhisit Vejjajiva avait retiré son offre d'organiser des législatives anticipées le 14 novembre, un an avant la date prévue.

Depuis mi-mars, les "chemises rouges", partisans du Front uni pour la démocratie et contre la dictature, bloquent deux quartiers du centre de Bangkok et exigent la tenue d'élections pour constituer un nouveau gouvernement, jugeant illégitime l'élection il y a dix-sept mois d'Abhisit Vejjajiva, avec le soutien des militaires. Ils réclament le retour de l'ex-premier ministre Thaksin Shinawatra, destitué en 2006 et exilé à l'étranger après un coup d'Etat contre son gouvernement. Il y a dix jours, les manifestants semblaient près de lever le camp après avoir accepté le plan de sortie de crise du premier ministre. Mais de contradictions en nouvelles revendications, les "rouges" sont restés.

L'état d'urgence qui avait été décrété à Bangkok et dans les environs a été étendu jeudi soir à quinze autres provinces. Les Etats-Unis, "très préoccupés" par les violences, ont décidé, dans le même temps, de fermer leur ambassade.
 

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