Soutenez-nous!

Newsletter Subscription

L'ouverture sur le Cameroun::Paul Fokam Kammogne. Une enquête du journal Repères sur « La nébuleuse PFK » | Portraits et interviews

Espace juridique sur 237online.com

google+1

La Constitution camerounaise

La Constitution de la Republique du Cameroun
Paul Fokam Kammogne. Une enquête du journal Repères sur « La nébuleuse PFK » PDF Imprimer Envoyer
Écrit par 237online.com   
Dimanche, 28 Février 2010 02:10

L’ensemble des entreprises sous son contrôle s’étend comme une pieuvre qui veut tout posséder. La banque, l’édition, la télévision, l’enseignement supérieur et les assurances… "Vous êtes formés pour être les meilleurs. Soyez donc des meilleurs parmi les Américains et tous les autres. Si vous ne pouvez pas être les meilleurs, ce n'est pas la peine de revenir, parce que nous nous ne formons que les meilleurs". Tel est le propos que M. Paul Kammogne Fokam tient, en août 2009, à trois étudiants de la PK Fokam institut of excellence qui doivent s’envoler pour les Etats-Unis. Ce fils Baham est un obsédé de l’excellence. Son établissement d’enseignement supérieur, où on n’accède qu’à partir de 2,5 millions l’an est supposé n’accueillir que les meilleurs. On n’y dispense les cours qu’en anglais dans des domaines peu courus comme les sciences et technologie, la gestion, les sciences économiques et sociales et, bientôt, l’ingénierie minière. Les meilleurs étudiants sont promis à poursuivre leurs études au Southern Polytecnic State university of Marieta. L’inauguration officielle de la PK Fokam institut of excellence, cette année 2009, a donné lieu à une cérémonie religieuse sous la direction du nonce apostolique, Mgr Eliseo Antonio Arrioti, représentant du pape au Cameroun. Le nec plus ultra donc, mais point d’exubérance et surtout l’effacement, par modestie et par stratégie. Le PK Fokam institut of excellence est officiellement créé en 2006 par l'Ong Adaf (Appropriate Developement for Africa Foundation).
Né en 1948 à Boukué, département des Hauts-Plateaux dans la Région de l’Ouest, l’ancien adjoint au chef d’agence de la Cameroon Bank (1976-1979) a déjà gravi tous les échelons de la vie et bâtit à présent un véritable empire qui étend chaque jour ses tentacules comme une pieuvre boulimique. Si la banque lui a particulièrement souri, M. Paul Fokam Kammogne ne boude plus rien désormais, il saisit toutes les opportunités d’affaires juteuses, parfois dans des secteurs improbables pour un banquier. Jusqu’en 2005, il possédait par exemple 25% de la Compagnie camerounaise pharmaceutique (Ccp). Mais ce sont les gros morceaux qui l’attirent le plus, avec des montages financiers, qui lui garantissent presque toujours le contrôle des entreprises qui l’intéressent. Son cheval de Troie est la Société africaine de participation (Sapa).L’ensemble des entreprises sous son contrôle s’étend comme une pieuvre qui veut tout posséder. La banque, l’édition, la télévision, l’enseignement supérieur et les assurances… Fokam Kammogne
Créée en 1990 sous la forme d’un club d’investissement, la Sapa est une entreprise à capitaux privés qui a pu se constituer un portefeuille diversifié de 10 PME et reparties dans des secteurs d’activité à fort potentiel de croissance à savoir l’assurance, le leasing, l’agro-industrie, la sécurité, l’édition, la promotion immobilière, logistique et transport. M. Paul Fokam Kammogne en est le président du conseil d’administration. Dans le portefeuille de la Sapa, on compte la Société africaine d’assurance et de réassurance (Saar), contrôlé à 51,2 %. Naturellement, c’est M. Paul Fokam Kammogne le Pca de cette compagnie d’assurance au capital de 2,5 milliards, créée en 1990. M. Paul Fokam se retrouve aussi à la direction de la Sapi, société immobilière. Cette entreprise est étroitement liée à Afriland first bank et spécialisée dans l’ensemble des marchés de l’immobilier (habitation, bureaux, commerces, hôtels, résidences services, entrepôts, équipements publics, etc.). Ses fonds propres sont évalués à plus de 110 milliards de francs CFA. M. Paul Fokam est par ailleurs vice-président du conseil d'administration de la Sitracel (Société industrielle pour la transformation de la cellulose, depuis 1984).
Auteur de plusieurs livres sur le développement de l’Afrique, M. Paul Fokam trouve le temps de produire une véritable pensée sur les solutions endogènes aux difficultés des économies africaines. C’est sans doute la raison pour laquelle, après avoir publié chez l’Harmattan et Jaguar, il a lancé la maison d’édition Afredit et garde un œil sur les éditions Maisonneuve Larose, qui figure dans le portefeuille de Sapa. Toujours est-il que l’homme s’interroge à la Peyrefitte, « Et si l’Afrique se réveillait ? », déploie un discours sur « L'entrepreneur africain face au défi d'exister » ou encore s’énerve dans « Misère galopante du Sud, complicité du Nord. Jeux, enjeux, solutions ».
Sous son aspect débonnaire, M. Paul Fokam Kammogne a construit un empire d’entreprises et peut revendiquer une immense fortune en milliards de francs CFA. En février 2006, l’année même où il ouvre le PK Fokam institut of excellence, il crée à Londres une chaîne de télévision. Dans l’establishment, ce type de personnage, qui possède autant d’argent et une voix aussi audible et capable de porter très loin ne peut être un citoyen ordinaire. Surtout quand chaque jour qui passe consolide son empire.
Parfait N. Siki

Affaires
Afriland First Bank, le fleuron de l’empire
La banque, déjà présente dans six pays,  est en quête d’un leadership africain. En dépit des soupçons des pratiques contraires à l’éthique bancaire qui pèsent sur le groupe.L’ensemble des entreprises sous son contrôle s’étend comme une pieuvre qui veut tout posséder. La banque, l’édition, la télévision, l’enseignement supérieur et les assurances…
Ce n’était qu’une coopérative avec un capital de 300 millions de F CFA à sa création en 1987. La Caisse commune d’épargne et d’investissement (Ccei), devenue Afriland First Bank en 2002, constitue aujourd’hui le fleuron de l’empire Paul Kammogne Fokam.  Au Cameroun, le pays d’origine de son fondateur, elle s’affirme comme la banque de l’entreprise, plus précisément des PME, de la microfinance et du Btp. En 2008, la « First Bank » a mobilisé un volume d’épargne de 308 milliards de F CFA et octroyé des crédits pour un montant de 183 milliards.
En partie grâce à la collecte organisée par les microbanques de développement placées sous son emprise. Les « MC2 » sont créées et gérées par les membres d'une communauté avec l'assistance technique de l'ONG ADAF, propriété de M. Paul Kammogne Fokam, sous le parrainage de Afriland First Bank. La Muffa (Mutuelle financière des femmes africaines) contribue aussi à cette entreprise de ratissage de l’épargne. Ce qui permet à ALC (Africa Leasing Company) d’œuvre pour le financement par crédit bail des équipements productifs des entreprises de la sous-région Afrique centrale tels les engins Btp (levage, Caterpillar…), des équipements médicaux, industriels, d'exploitations forestières, des véhicules légers, mi-lourds et lourds.
Forte de l’apport de toutes ces filiales, Afriland se pose comme le chef de file des banques camerounaises qui ont consenti début août 2009 un prêt de 52 milliards de F CFA pour le financement du projet d’extension de la Sonara (Société nationale de raffinage). Dans cette opération, la participation de Afriland First Bank Cameroun est de 17 milliards contre 25 milliards pour sa filiation équato-guinéenne et 3 milliards pour Afriland de la RDC et Sao Tome et Principe.  Elle intervient dans le financement du développement et de l’extension du réseau de téléphonie mobile à travers un prêt de 6 milliards de F CFA à Celtel Tchad.
Outre ces pays, sur le continent elle étend aussi son réseau au Congo et est présente en Afrique de l’Ouest. Le 2 juillet 2009, Afriland First Bank a fait une offre au ministre de l’Economie et des Finances de Côte d’Ivoire pour son entrée majoritaire dans le capital de Verus Bank. «  Nous sommes disposés à investir les fonds nécessaires pour accompagner la restructuration de la banque, son développement et son implantation en Côte d’Ivoire et dans la sous-région Uemoa pour la hisser au niveau des standards internationaux »,  écrit M. Louis Handou, son directeur Afrique de l’Ouest. 
En réalité, la banque camerounaise compte se servir du ‘’hub’’ ivoirien pour s’implanter en cinq ans au Sénégal, au Mali, au Bénin, au Togo, au Burkina, au Niger et en Guinée-Bissau. La « First Bank » est donc en quête d’un leadership africain. Mais pour le moment, le groupe qui étend déjà ses tentacules en France et jusqu’en Chine doit se contenter du 130e rang sur 200 banques africaines que lui octroie le tout dernier classement 2009 du magazine Jeune Afrique.
Créé en 1998, Cenainvest (Central Africa Investment), sa filiale pour le capital-risque spécialisée dans l'assistance managériale, technique et financière, ainsi que les restructurations, était en course aux côtés de la compagnie belge SN Brussels pour la reprise de la Camair dans le cadre du consortium First Delta Air Services.  En 2006, Cenainvest a loupé de justesse la gestion de la Campost.  Elle avait d’ailleurs raflé la mise,  mais la présidence de la République, ayant eu vent des pots-de-vin versés aux membres de la commission, dut intervenir pour finalement attribuer ce contrat rémunéré à 1,5 milliard de F CFA au cabinet canadien Tecsult pourtant arrivé en seconde position au terme de l’analyse des offres.
Les concurrents de Afriland First Bank, au risque d’être suspectés de jalouser ses succès, la soupçonnent de s’adonner à des pratiques contraires à l’éthique bancaire. Des soupçons nourris également par certaines autorités de la Cobac, le gendarme du secteur bancaire, ou simplement par des clients.
Dominique Mbassi

Quelques entreprises de l’empire Paul Fokam

Tourisme
Jully voyages, une entreprise aux bras longs
Jully voyages, une entreprise aux bras longsElle est l’une des plus grandes agences touristiques au Cameroun. Ceci grâce à de nombreux moyens mis en œuvre par son promoteur.
Créée depuis plus de 28 ans maintenant, Jully voyages est une agence de voyage et de tourisme offrant sept principaux services. Il s’agit de l’achat des titres de transport, de la location des voitures, la conception et l promotion des produits touristiques, de l’assistance des clients aux formalités d’arrivée et de départ, la vente des chambres des hôtels, des assurances de voyages et du transfert d’argent. Grâce à ses trois agences situées à Yaoundé, Douala et Paris, cette agence essaie de mettre en pratique son slogan bien en vue sur le net qui se résume en « vous être agréables est notre priorité ».
Jully voyages fait donc partie de l’une de ses nombreuses agences qui ont pour but de promouvoir l’image du Cameroun à travers le tourisme. Raison pour laquelle elle a mis un accent particulier sur ce secteur du développement. On dénombre donc une multitude de produits offerts dans ce sens. Il s’agit des circuits balnéaires qui sont des voyages organisés avec pour principaux  pôles d’attraction la mer, l’océan et le fleuve, des safaris qui sont des voyages organisés dans le but de satisfaire la curiosité des touristes dans le domaine de la faune ; des circuits cynégétiques qui sont des itinéraires basés sur la chasse dans les parcs ; des circuits culturels ou circuit à thème culturel, des circuits des montagnes qui sont des itinéraires basés spécifiquement sur la découverte des montagnes et des chaînes montagneuses et le trecking, qui est une forme de circuit de montagne accompagné d’une randonnée pédestre sur les montagnes. Jully voyages porte le prénom de sa promotrice qui n’est personne d’autre que Mme Kammogne, l’épouse de M. Kammogne.
MNW

Télévision : Voxafrica, la londonienne
Jully voyages, une entreprise aux bras longsLa chaîne de télévision panafricaine émet de façon effective depuis janvier 2008 depuis Londres, la capitale britannique.
Voxafrica émet de Londres au Royaume-Uni même si elle se veut une chaîne panafricaine. Ses financements également sont londoniens alors que son fondateur et sa directrice sont camerounais. De fait, le propriétaire de Voxafrica est l’homme d’affaires M. Paul Fokam Kammogne tandis que sa propre fille, Mme Rolande Kammogne, 26 ans, en est la directrice générale. Par ailleurs, Voxafrica est financée entre autres par plusieurs investisseurs africains réunis au sein de la Sibafo Holding, une société anonyme. Outre, parmi les actionnaires se trouve l’entreprise Fortune investment basée à Londres. Elle est spécialisée dans le conseil des investissements financiers pour d’importants et riches groupes, des compagnies d’assurances, des banques ou des fonds de retraite publics et privés en Angleterre. Aujourd’hui, Fortune fait partie du puissant groupe Close Brothers Group plc, une banque fondée sur la place londonienne il y a plus de 130 ans et actionnaire à la bourse de Londres.
Créé le 20 février 2006 en Grande Bretagne, la direction de la chaîne panafricaine bilingue (anglais et français) pense pouvoir « faire de Voxafrica, la voix plurielle, active, et aussi réelle que possible de l’Afrique ». La ligne éditoriale est dite « indépendante » car la chaîne de télévision entend défendre « la liberté d’expression » et promouvoir » les valeurs que sont la tolérance ou la diversité d’opinions. Diffusée sur satellite, le câble et internet la chaîne de télévision est à la conquête de près de 600 millions de téléspectateurs potentiels sur le continent africain. Voxafrica a des correspondants dans au moins 5 pays occidentaux et dans une dizaine de pays africains.
Sylvain Andzongo

Les autres entreprises de l’empire Paul Fokam
Jully Voyages
Vox Africa
Sitracel
Cenainvest
Afriland First Bank Cameroun
Afriland First Bank Guinée Equatoriale
Afriland Frist Bank Paris
Afriland Frist Bank Sao Tome e principe
Afriland Frist Bank Rdc
Afriland Frist Bank Congo
Afriland Frist Bank Chine
SAPA (qui compte dans son portefeuille Afrédit, Sapi, Saar, Ages, Alc, Afrimar, Cfp, Esg, Geodis Cameroon, Ervedit–Maisonneuve et Larose)

Journal Reperes

Mise à jour le Dimanche, 28 Février 2010 03:04
 

Ajouter un Commentaire