Soutenez-nous!

Newsletter Subscription

L'ouverture sur le Cameroun::Etablissements scolaires : attention | Portraits et interviews

Espace juridique sur 237online.com

google+1

La Constitution camerounaise

La Constitution de la Republique du Cameroun
Etablissements scolaires : attention PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Le Jour   
Mercredi, 24 Février 2010 11:53

Albain Menkouo : « 80% de bâtiments au Cameroun souffrent d’humidité »Ingénieur de génie civil, il énumère les problèmes liés à la construction des bâtiments des établissements scolaires au Cameroun
Comment doit-on construire le bâtiment d’un établissement scolaire?
Normalement, on ne peut pas se lever un matin et commencer à monter un bâtiment, fut-il l’immeuble d’un établissement scolaire. La première chose à faire c’est de réaliser des études et établir un plan. Une expertise en géotechnique, qui consiste à étudier le sol est nécessaire. Il faut savoir si on a un sol sableux ou bien argileux. C’est à partir de cette expertise qu’on peut savoir la proportion qu’il faut pour la fondation du bâtiment. Ensuite, le plan de la maison doit être réalisé par un architecte. Un ingénieur doit par la suite réaliser les calculs de la statique. Ces calculs de l’ingénieur permettront de connaître, par exemple, la dimension et l’épaisseur exacte des poutres, des dalles. C’est à partir de là que les entreprises qui font l’exécution vont mieux s’orienter. Elles pourront, par exemple, savoir que pour un sol sableux, il faut utiliser tel type de béton ou tel type de ferraille. Il faut tenir compte de tout  cela avant de construire. Sinon, si c’est le maçon qui vient faire le mauvais dosage en faisant des économies de sable ou de ciment, c’est une chaîne d’erreurs qui se créée. Alors, bonjour la catastrophe. Les produits utilisés pour la construction doivent également respecter des normes. En principe, ce sont les experts qui doivent se charger de conseiller les gens sur les produits de la construction

Selon vous, quel est le problème majeur des bâtiments au Cameroun ?
Selon mes propres observations, moins 80% des maisons ou bâtiments, abritant des écoles ou pas, souffrent de moisissures et d’humidité. A travers mes différents entretiens également, en tant qu’expert, les propriétaires de bâtiments se plaignent toujours des problèmes d’étanchéité et d’humidité. Mais, il n’y a pas assez de produits appropriés au Cameroun. Les quelques produits vendus sur le marché sont très mal utilisés. Les gens respectent très peu les modes d’utilisation prescrits par les fabricants sur les fiches techniques. Ce n’est pas étonnant que les problèmes d’humidité demeurent. Des dispositions doivent être prises au niveau de l’étanchéité.

Il y a quelques temps on a enregistre l’éboulement d’un établissement scolaire à Douala. Qu’est ce qui peut en être à l’origine ?
Quand il y a éboulement d’un bâtiment, il y a un problème avec la statique. C’est-à-dire que la portance de ce bâtiment n’a pas pu supporter le poids de la charpente et des tôles de l’immeuble. Si ce poteau qui est souvent placé à la véranda d’un bâtiment n’a pas été bien dimensionné, à un certain moment, il va fléchir. Il peut subitement se casser. Donc, s’il y a éboulement d’un bâtiment, fut-t-il un bâtiment scolaire, c’est qu’il y a un problème avec la portance. L’autre raison peut trouver son essence dans l’étanchéité. Selon des enquêtes que j’ai lues, plus de 80% des bâtiments ne respectent pas les normes d’étanchéité. Le risque c’est que l’humidité traverse le mur. Quand il pleut, les eaux des pluies s’infiltrent dans le sol et remontent à travers ce que l’on appelle capillaire et s’infiltrent dans la fondation. Quelque temps après, le crépi et la peinture commencent à tomber. Les fissures apparaissent sur les murs. C’est cette humidité qui devrait être empêchée. Si c’est qu’on a juste ajouté certains produits au ciment ou au mortier, ces produits améliorent certes l’imperméabilisation mais n’empêchent pas l’étanchéité. Lorsque les murs sont humides, cela diminue la portance. Ainsi avec le temps, la portance fléchit. Elle ne peut plus supporter tout le poids de la construction.

Recueillis par Christelle Kouétcha, Le jour
 

Ajouter un Commentaire