L’annonce forte de Paul Biya lors de son traditionnel discours de fin d’année à ses compatriotes le 31 décembre dernier (2009) aura été la célébration du cinquantenaire De l’indépendance du Cameroun. Quelques heures après son allocution, les festivités inhérentes à cette fête ont pris leur envol au musée national. Avec au menu, des spectacles livrés par une constellation de stars. Le tout organisé par le ministère de la culture et celui de la communication. Ceci pour rendre hommage à ceux qui ont sacrifié leur vie pour l’indépendance du Cameroun. De quoi drainer de milliers de camerounais, qui sans se faire prier, ont tenu à témoigner leur attachement à leur pays.
Mais il y en a qui ont répondu aux abonnés absents. C’est le cas des partis de l’opposition. Ceux-ci n’ont pas jusqu’ici manifesté leur
volonté à s’allier aux autres pour cet évènement dont « les célébrations trouveront (…) leur apothéose le 20 mai (prochain) (…) avec l’organisation de la « Conférence de Yaoundé » au cours de laquelle d’éminentes personnalités débattront de la place de l’Afrique dans le monde ». Si l’on en croit au Président de la République du Cameroun, Paul Biya. A l’heure actuelle, le débat est plutôt axé sur la considération des nationalistes camerounais par le pouvoir du RDPC (Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais). Ainsi pour l’UPC (Union des Populations du Cameroun), l’action des nationalistes est encore ignorée par les pouvoirs publics. Le Manidem (Mouvement Africain pour la Nouvelle Indépendance et la Démocratie), de son coté, estime que l’hommage de Paul Biya aux nationalistes est celui du « vice à la vertu ». Cette citation est de son président, Banda Kani qui s’est exprimé sur la question le 7 janvier dernier. C’était au cours d’une conférence de presse tenue au siège de son parti au carrefour Tif à Akwa (le centre commercial de Douala). Au niveau des autres partis politiques, c’est le mutisme qui règne ; et l’on ne sent pas encore leur détermination à s’associer au RDPC, parti au pouvoir pour célébrer cette fête grandiose. Même comme Banda Kani du Manidem annonce que son parti « va célébrer à sa façon le cinquantenaire de (…) l’indépendance formelle » du Cameroun.
Nationalistes camerounais : quelle considération ?
Depuis les années 1990, Paul Biya a toujours accordé une grande considération à tous ceux qui « ont sacrifié leur vie » pour que le Cameroun accède à l’indépendance. Les faits parlent d’eux-mêmes. En 1991, alors qu’Ahidjo, Um Nyobe, Félix Roland Moumié, Ernest Ouandié sont encore sous le coup de la condamnation par contumace malgré leur décès, le chef de l’Etat camerounais signe un décret (Loi N°91/022 du 16 décembre 1991) portant réhabilitation de ceux-ci.
Sur la question du retour des restes d’Ahidjo, les négociations initiées sous « hautes instructions » de Paul Biya sont sur la bonne voix. Pour la mémoire de ces nationalistes, le pouvoir de Yaoundé a baptisé ou rebatipsé certaines rues et boulevards du Cameroun, en leur octroyant les noms des nationalistes. C’est le cas de la rue Charles Atangana à Yaoundé, le boulevard Hamadou Ahidjo à Douala, la rue Soppo Priso dans la même ville. Pour ne citer que celles-là.
Des évolutions dans la « politique du renouveau » qui n’ont pas encore pu taire l’esprit revanchard qui anime certains leaders de l’opposition camerounaise. Sauf que Paul Biya dont personne n’a encore compris « le code » est loin d’avoir dit son dernier mot en ce qui concerne la place réservée aux nationalistes camerounais. Il n’est pas exclu que la célébration de ce cinquantenaire soit couronnée par le rapatriement des restes de son prédécesseur ou par la construction des musées dédiés aux héros de l’histoire du Cameroun.
Simon Ngono, Correspondance particulière pour www.237online.com
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