| Cinquantenaire : La célébration est lancée |
|
|
|
| Écrit par Mutations |
| Mardi, 05 Janvier 2010 00:28 |
|
Ils espéraient des festivités beaucoup plus importantes mais ont dû se contenter et apprécier, jeudi le 31 décembre dernier le spectacle qui leur a été offert à l’occasion des cérémonies marquant le lancement de la célébration du 50ème anniversaire de l’indépendance de notre pays. Une célébration plus ou moins discrète que la ministre de la Culture, Ama Tutu Muna, hôte de cette soirée organisée à l’ancien palais présidentiel, place sous le signe du «devoir de mémoire» car, de son avis, «il faut pouvoir raconter l'Histoire du Cameroun». Quoi de plus naturel donc de profiter de l’occasion pou
r le faire?
Plus intéressées par le volet festif, les populations ont été séduites par la kyrielle d’artistes invitées pour l’occasion. A minuit, bien que soupçonneux des contours liés à l’organisation de cette soirée, le public s’est laissé prendre par la magie de l’instant sous des feux d’artifices qui ont fait crier à la foule son ravissement et affolé les chauves-souris installées dans les jardins de l’ancien palais présidentiel à Yaoundé. Armé de petits drapeaux aux couleurs du Cameroun qu’il brandissait à l’envi, et guidé par la «voix d’or» de Anne Marie Nzié qui a entamé son titre «liberté» (1984), ils ont frissonné.
Non pas seulement du fait des courants d’air particulièrement virulents en cette première soirée de l’an 2010, mais davantage par l’émotion. Accompagnant, la «mémé», c’est dans une sorte d’hystérie collective que le public reprenait en hurlant cette partie du texte «Nous sommes libres et, merci». La voix chevrotante, mais ô combien envoutante de la reine mère du bikutsi accompagnée d’un orchestre particulièrement inspiré, n’était guère étrangère à cette montée d’émotion.
André Marie Talla
Et l’arrivée sur scène de celui qu’on appelait au début de sa carrière (il avait alors 20 ans) le Ray Charles Camerounais, André Marie Talla, aveugle comme le virtuose américain, n’était pas faite pour calmer ce public avide d’émotions et heureux de se faire transporter dans des contrées jamais explorées. Sa guitare à bout de bras, alors que ses fans réclamaient le titre «Je vais à Yaoundé», c’est plutôt le titre «Ensemble» qu’il interprète. Sans que cela ne dégrade l’engouement du public. Un engouement lisible également sur les visages des personnalités installées dans le carré d’honneur qui, à l’entame du titre «je vais à Yaoundé» n’ont pas résisté à la tentation de reprendre le texte avec l’artiste. Le prince Afo Akom n’aura pas failli à sa mission de divertissement et d’interpellation qu’il s’est fixée depuis le début de sa carrière.
Il profite de son passage sur scène pour interpeller les dirigeants sur le chômage et le favoritisme auxquels doivent faire face les jeunes. Un discours qui n’a pas manqué de faire tache d’huile parmi ce public majoritairement composé de jeunes. Il aura fallu le passage des ténors du théâtre national que sont Ali Mvondo et Philémon Black Ondoa que le public camerounais à redécouvert sur scène pour calmer les émotions. Le temps de se souvenir du passage très remarqué du groupe X-maleya, groupe de hip-hop qui a le vent en poupe actuellement sur la scène musicale nationale et qui s’est fait accompagner, pour l’occasion par le rappeur français d’origine camerounaise, Pitt Bacardy. Le groupe Macase et le bantou po si se sont également laissé voir au cours de cette première partie.
Aux environs de 1h du matin, c’est à Lady Ponce, élue reine du bikutsi en 2008 avec son album «Trahison» qu’est revenu le devoir de relancer la soirée. Une responsabilité qu’elle a assumée avec brio, levant les foules en opérant un mélange plutôt réussit de ses précédents titres et la chanson phare de son premier album…
C’est aux premières lueurs de cette matinée du 1er janvier 2010 que le public de Yaoundé a vidé les jardins de ce que, du côté du Mincult, l’on tient à appeler le musée national, heureux d’avoir participé à un beau spectacle, mais inquiet de la dimension éthérée donnée à la célébration de cet instant de l’Histoire du Cameroun dont le lancement a été organisé dans cet espace qu’a occupé le tout premier président du Cameroun, Ahmadou Ahidjo.
Dorine Ekwè, Mutations
|






